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Passion

par Daniel Rufiange, le 25 septembre 2014

Ford Torino GT SCJ 1970 : bombe à retardement Retour aux articles
 

En prononçant l’expression muscle car, une foule de modèles nous viennent instinctivement en tête; Pontiac GTO, Buick GSX, Oldsmobile 442, Dodge Charger, Plymouth Satellite. Même, ceux qu’on appelle affectueusement les pony car, soit les Ford Mustang, Dodge Challenger et Chevrolet Camaro de ce monde, nous viennent spontanément à l’esprit.

Et il y a des modèles que l’on oublie, comme la Ford Torino.

Pourtant, en version GT et équipée du moteur Super Cobra Jet (SCJ), elle ne devrait jamais être oubliée.

Pour ceux qui ne la connaissaient pas, la voici, dans toute sa splendeur.

Course à la puissance

La deuxième moitié de la décennie 1960 est marquée par une course effrénée à la puissance, spécialement chez les constructeurs américains. Tels des gamins, chacun joue à « mon père est plus fort que le tien ». En fait, c’était plutôt : « mon moteur est plus gros que le tien. »

Et de gros moteurs, Ford en a produit quelques-uns à cette époque. Les chiffres 427, 428 et 429 devraient suffire pour vous en convaincre.

Attention, toutefois, la puissance n’est pas nécessairement en lien direct avec la taille en pouces cubes du bloc. Par exemple, le moteur de 427 pouces cubes était une mécanique de course, pensée pour la série NASCAR. Les autres, non.

N’empêche, en 1969, Ford greffe un bloc 429 à une des versions de sa Torino. De quoi faire des flammèches.

La Torino

L’histoire de la Torino est étroitement liée à celle du modèle Fairlane chez Ford. En vérité, le millésime 1968 voit l’arrivée d’une nouvelle série dénommée Torino à l’intérieur de la gamme de modèles Fairlane. La variante connaît un succès fou; les amateurs se l’arrachent. La popularité de la gamme croît à ce point qu’en 1970, elle compte 13 variantes regroupées sous cinq catégories : Torino, Brougham, Torino GT, Torino Cobra et Fairlane 500.

Quant à lui, le consommateur pouvait choisir parmi quatre moteurs, selon le modèle. Il y avait un 6-cylindres en ligne de 250 pouces cubes, ainsi que trois V8 faisant respectivement 302, 351 et 429 pouces cubes. Ces moteurs pouvaient par la suite être retravaillés. En tout, on comptait huit variantes de ces derniers, dont la plus puissante, la SJC.

À la GT, on réservait le moteur de 429 pouces cubes auquel pouvaient être jumelées deux des trois transmissions que Ford avançait pour la Torino.

Au total, 56 819 modèles Torino GT SportsRoof seront produits en 1970. C’est le modèle précis que l’on vous présente. Du nombre, seulement 241 ont reçu le moteur SCJ dont, vous l’aurez deviné, notre modèle vedette.

Une bête

Le mot brute définit bien ce moteur et confirme le statut de la Torino en tant que muscle car. Sa puissance de 370 chevaux, mais surtout son couple de 450 livres-pieds, le plaçait au-dessus de bien des concurrents. Ajoutez à cela que les amateurs de courses d’accélération pouvaient ajouter l’option Drag Pack qui comprenait un différentiel à glissement limité, et vous aviez là les ingrédients pour faire de la Torino GT une menace lors de toute épreuve d’accélération.

Une dernière chose. Deux rapports de pont pouvaient être choisis pour être associés à ce moteur : 3.91 ou 4.30. A-t-on besoin d’en ajouter pour vous faire comprendre la vocation de ce modèle?

Au volant

Le propriétaire de cette magnifique Torino GT, Robert Cuillerier, m’a emmené faire une petite balade, le temps de trouver un endroit pour réaliser la séance de photo. Ce fut suffisant pour réaliser que je prenais place à bord d’une bombe à retardement.

À l’arrêt, la voiture tremble comme une jeune recrue sortie de l’université qui est reçue pour sa première entrevue d’emploi importante. La prise shaker qui trône au centre du capot danse au rythme des crépitements de l’échappement; de la musique pour les oreilles.

Robert Cuillerier constate ma réaction et s’amuse à mes dépends. Il donne de petits coups sur l’accélérateur, question de faire lever le museau de la voiture de façon saccadée. Le sourire me colle aux lèvres, mais du coup, je deviens nerveux; et s’il enfonçait l’accélérateur?

Ma vie a défilé devant mes yeux.

Heureusement, notre collectionneur est sage et prend un soin jaloux de sa monture. Il chatouillera seulement l’accélérateur à l’entrée d’une bretelle d’autoroute. À ce moment, j’aurais bien voulu lui dire que le son de sa voiture était parfait, mais il n’aurait rien entendu.

Ça gronde, un 429.

En somme, la Torino GT est une voiture d’exception. Une qui doit être prise au sérieux; on parle d’un classique de l’automobile ici.

Quiconque entre en contact avec cette dernière ne pourra jamais l’oublier.

À savoir

•    Cette voiture se vendait 3028 $ en 1970.
•    Elle est munie d’une transmission automatique à trois vitesses.
•    Elle reçoit, en 1970, le pris de la voiture de l’année de la bible, Motor Trend.
•    À ses commandes, le quart de mile se réalisait en 13.99 secondes à une vitesse de 100 milles à l’heure.
•    Le 0-100 km/h s’effaçait en 5.8 secondes.
•    Il en coûtait 390.50 $ pour profiter de l’option SCJ sur le moteur de 429 pouces cubes.

 
 

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