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Essai

par Luc-Olivier Chamberland, le 1 novembre 2017, Sherbrooke

Volkswagen Tiguan Highline 2018 : dénaturé Retour aux essais
 

J’ai toujours aimé le Volkswagen Tiguan pour ce qu’il ÉTAIT. Compact, agile et vif ÉTAIENT des caractéristiques que je lui accordais avec un grand plaisir. Il ÉTAIT l’un de mes favoris dans le segment des utilitaires sport compacts. S’exprimant comme seuls les Allemands peuvent le faire, aujourd’hui, c’est une tout autre histoire. Il s’est complètement « américanisé », par le fait même, ce n’est PLUS le Tiguan que j’adorais, il s’est dénaturé. Bien que je n’apprécie pas cette nouvelle approche, je comprends la stratégie de Volkswagen. On désire s’aligner sur la compétition, ne plus être le joueur marginal, on veut vendre et l’on prend les moyens pour y arriver.

Tour du propriétaire

Ce qui frappe le plus à la vue du Tiguan 2018, c’est sa taille. Passablement plus gros, il dépasse la ligne entre le sous-compact et le compact où il se trouvait. Maintenant, c’est un vrai de vrai compact au même titre que le RAV4 ou encore le CR-V. On remarque surtout les changements au niveau de la longueur de porte arrière. L’ensemble suit l’évolution logique des produits Volkswagen. Pour cette génération, tout est plus carré, plus angulaire, plus incisif. Personnellement, je ne déteste pas, mais ce n’est pas une reine de beauté non plus. Il y a plusieurs éléments qui retiennent mon attention. La configuration des blocs optiques avec leurs fins traits de DEL se montre distinctive. La silhouette ne cherche pas à cacher la longueur, elle est même encouragée par une ligne qui s’étire du capot au coffre. Les jantes de 18 pouces semblent trop petites pour la taille du Tiguan bien que leur design soit réussi. On suggère aussi des capacités hors route avec de bonnes protections en bas de caisse qui cerclent le véhicule. Clairement, les éclats de peinture seront passablement limités par cet accessoire.

Vie à bord

Indéniablement, l’extérieur se discute, mais pas la présentation intérieure. À ce titre, il propose l’un des plus beaux tableaux de bord du segment. Volkswagen joue de simplicité et de pureté dans les lignes. On obtient une nacelle d’instrumentation numérique inspirée d’Audi avec le « Digital Cockpit ». Moins modulaire que chez Audi, il offre malgré tout plusieurs apparences différentes, toutes plus agréables les unes que les autres, mais plus particulièrement la carte de navigation. La console offre, elle aussi, un grand nombre de configurations et d’informations. Franchement, le système se veut très simple à utiliser et se montre très intéressant pour y recueillir une pléthore de données.

Typiquement allemands, les sièges accordent une belle fermeté. Ils sont très confortables pour les longs trajets. On compte sur plusieurs ajustements facilitant une position de conduite parfaite. L’espace a toujours été le nerf de la guerre dans ce segment. Défaut de la première génération, il s’agit maintenant de sa principale caractéristique. Le fait d’un gain de volume permet d’obtenir des dégagements beaucoup plus amples tout particulièrement à la deuxième rangée. Volkswagen pousse même l’audace d’intégrer une troisième banquette dans la malle. Ne considérez pas le Tiguan comme un véritable sept passagers, ce serait ambitieux. On parle d’assises d’appoint, tout au plus en cas de force majeure. À la deuxième ligne, on reconnaît les origines européennes avec une banquette divisible 40/20/40 très pratique alors que le coffre va de 1 064 litres derrière la deuxième ligne d’assises à 2 081 litres avec les sièges complètement rabattus. Volkswagen n’a même pas pris la peine de faire le calcul suivant la troisième rangée… Cela vous donne une idée…

L’équipement de la version Highline ne fait pas défaut. On retrouve tous les gadgets modernes dont Apple CarPlay, Android Auto, un système audio Fender, une application reliant votre Tiguan à votre téléphone cellulaire, et entre autres, un gigantesque toit ouvrant panoramique qui permet une belle luminosité à bord. Je dois admettre qu’au-delà de la stupide banquette dans le coffre, l’habitacle du Tiguan 2018 est franchement réussi.

Technique

Volkswagen change de cap sur le plan de la motorisation également. On délaisse le 2,0 litres au profit d’un autre 2,0 litres moins puissant que les 201 chevaux originaux. Cette fois, on descend à 184 ch avec un couple de 221 lb-pi. Clairement, le manque de force va se manifester dès que l’on aura plus d’un passager à bord. Je n’ose pas penser à remorquer bien que l’on suggère une capacité de 1 500 livres. Le moteur va certainement hurler son mal-être.

On profite toujours du rouage intégral 4Motion qui travaille vraiment très bien. On peut même choisir parmi différents modes de conduite en fonction de la surface sur laquelle on circule. Là où le bât blesse, c’est au niveau de la satanée transmission. On obtient maintenant 8 rapports, mais leur gestion est carrément épouvantable. Les changements sont brutaux, désagréables, mal configurés. Elle semble constamment chercher où se mettre et c’est encore pire en ville où elle hésite souvent. Pour jouir d’un certain agrément, il faut la « battre » avec des accélérations vives. Sinon, on s’enrage contre elle à toute occasion. La question de la consommation de carburant déçoit. Considérant que la compétition peut facilement jouer sous les 8 litres/100km, je m’explique mal que le Tiguan n’ait pas réussi à faire mieux que 9,2 litres.

Sur la route

Si l’on fait abstraction de l’incroyable désagrément de la boite automatique, on reconnaît les attributs types de Volkswagen. La direction accorde un bon niveau de précision, l’une des meilleures du segment, il faut l’admettre. Pour les suspensions, étonnamment, elles « cognent » très souvent, présage d’un manque flagrant de débattement. Sur une belle route, tout va bien, mais à la moindre détérioration le confort disparait. Avec l’allongement de l’empattement, le Tiguan se montre bien planté sur le pavé.

Conclusion

Malgré toutes mes doléances et mes nombreuses déceptions, je sais que le Tiguan adopte une formule recherchée par les consommateurs. Il se montre plus spacieux et offre beaucoup de technologies à bord, souvent, et malheureusement, les seuls critères d’achat. Pour le reste, je considère qu’il recule par rapport à ce qu’il était. Quand on veut trop plaire, parfois on se dénature et c’est exactement ce qui est arrivé au Volkswagen Tiguan 2018.

Spécifications techniques

Marque
Volkswagen
Modèle
Tiguan
Année
2018
Version à l'essai
Highline
Échelle de prix (excluant les options)
28 925 $ à 39 175 $
Prix de la version à l'essai
40 645 $
Options sélectionnées
Ensemble d'aide à la conduite (1 470$)
Moteur
L4 Turbo, 2,0 litres, 184 ch. @ 4 400 tr/min, 221 lb-pi @ 1 600 tr/min
Transmission
Automatique à 8 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée
Ville: 10,8 litres/100km Route: 8,7 litres/100km
Consommation enregistrée
9,2 litres/100km

Points forts / points faibles

  • Espace intérieur/aménagement
  • Châssis rigide
  • Mieux adapté aux familles
  • Transmission
  • Puissance juste
  • Beaucoup moins dynamique
 
 
 

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