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Essai

par Samuel Lessard, le 24 mai 2017

Volkswagen Golf R 2016 : 48 000 km plus tard Retour aux essais
 

Depuis son arrivée chez les concessionnaires en 2015, la Volkswagen Golf R a la réputation d’être une voiture performante mais à la fois confortable. C’est celle qui peut vous procurer du plaisir sur la piste un samedi après-midi mais aussi vous conduire à un concert à la Place des Arts en soirée. C’est la bonne à tout faire.

Cette notion d’équilibre m’a charmé. J’en ai donc commandé une. Ma voiture est arrivée en octobre 2015 et, près de 48 000 km plus tard, force est de constater que la voiture est à la hauteur de sa réputation. Cependant, il y a quelques bémols.

Commençons par ce qui paraît et ce qui se touche. À l’extérieur, les lignes sont franches et conservatrices. Quelques éléments, somme toute assez discrets, laissent imaginer qu’il ne s’agit pas d’une Golf ordinaire. Mais rien d’ostentatoire. Rien de « m’as-tu vu ». Et c’est parfait ainsi.

Même chanson à l’intérieur, alors que le tableau de bord est dessiné de manière sobre et claire avec des commandes simples et intuitives. L’ergonomie est excellente, et les espaces de rangements sont bien disposés. Par contre, l’accoudoir central ne s’ouvre pas et il est placé trop bas. C’est à corriger. La finition, la qualité des matériaux et l’assemblage n’ont rien à envier aux allemandes de luxe d’entrée de gamme.

Les sièges avant sont munis de gros renforts latéraux et ils soutiennent magnifiquement les jambes ainsi que le dos en conduite sportive. Par contre, cette qualité devient un défaut quand on conduit la voiture sur de très longues distances (plus de 500 kilomètres) ou si on a un gabarit plus costaud. Les sièges imposent alors un confinement assez serré qui a un impact sur le confort. Aussi, ce n’est pas évident de se glisser entre le volant et ces sièges très renflés. Prendre l’habitude de repousser le volant à chaque fois qu’on monte ou descend de l’auto permet d’amenuiser ce point faible. À noter que les cuirs ont conservé leur bon état malgré l’utilisation.

Le coffre est convenable pour le quotidien compte tenu des dimensions extérieures de l’auto, mais il atteint rapidement sa pleine capacité en voyage ou avec des passagers à bord. Il suffit alors de rabaisser le dossier du siège arrière (à condition de ne pas avoir de passagers arrière, bien entendu) pour y trouver un espace impressionnant. Il y a une trappe à skis, ce qui est pratique pour les skieurs.

La climatisation automatique est efficace et la chaine audio Fender à 9 haut-parleurs vous inonde les oreilles de votre musique favorite avec beaucoup de justesse pour une voiture de 40 000 $. Les cartes du système GPS intégré ne sont pas à jour, ce qui pousse à utiliser un iPhone via Apple CarPlay sur le système d’info-divertissement. C’est plus fiable.

Quelques astuces intéressantes et inusitées complètent l’ensemble. Par exemple, on n’a jamais besoin de se soucier du frein à main; il se dégage quand on commence à avancer et s’engage quand on coupe le contact. Il y a aussi la caméra de recul, qui sort du logo placé sur le hayon de telle sorte qu’elle est toujours propre, été comme hiver. Au quotidien, on s’habitue vite à ces détails.

Sa vraie nature
Jasons moteur. Le moteur à 4 cylindres de 292 chevaux et 280 lb-pi de couple est vif et la sonorité (artificielle) est bien dosée. Côté performances, le moteur pousse fort et de façon linéaire à partir de 1800 rpm jusqu’à 6300 rpm. Il y a un léger délai relié au turbo (turbo lag), mais on s’y fait. L’embrayage est léger et facile à doser. Le levier de vitesse de la boîte manuelle à 6 rapports est direct et transmet juste assez de sensation au conducteur. On s’habitue rapidement à cette mécanique flexible. Un vrai charme en conduite de tous les jours. La consommation est fort raisonnable à 8,8 litres aux 100 km.

La fermeté de la suspension est ajustable via un bouton sur la console centrale. Quatre modes sont disponibles soit Confort, Normal, Race et un dernier mode entièrement personnalisable nommé Individual. Pour la plupart des routes du Québec, la suspension en mode Race est trop rigide. Ce mode n’est utile, à mon sens, que sur circuit ou sur une route sinueuse en excellent état. Bien que les modes Normal et Confort soient décents, l’idéal est de personnaliser tous les paramètres à son goût dans le mode Individual.

La traction intégrale est réactive et s’est avérée rapide et parfaitement adéquate en conduite quotidienne. Par contre, la limite est atteinte en conduite très sportive, alors qu’on sent un sous-virage à la remise des gaz en sortie de virage avant que l’arrière ne reçoive sa puissance. La direction est rapide (moins de 2 tours d’une butée à l’autre), précise et communicative. Elle pourrait cependant être plus légère à très basse vitesse pour faciliter les manœuvres de stationnement. Les pneus d’origine Continental ContiSportContact 3 de dimension 235/35R19 sont cependant de plus en plus bruyants à mesure qu’ils s’usent et leur performance sur chaussée détrempée est très moyenne. Sur chaussée sèche, l’adhérence est infaillible par contre.

Le ressenti général qu’on a au fil des milliers de kilomètres est qu’on a l’impression de ne faire qu’un avec l’auto. Ce n’est pas seulement agréable de vivre avec une R au quotidien, c’est l’fun. La voiture réjouit le conducteur à chaque balade, été comme hiver. En plus, la Golf R dorlote ses occupants avec un confort appréciable quand le conducteur troque son rôle de pilote pour celui de chauffeur.

Le prix de l’ensemble est de 44 160 $, transport et préparation inclus. Pas donné pour une Golf, mais justifiable lorsqu’on tient compte des équipements, du rendement et des performances d’ensemble.

Bilan fiabilité
Quelques petits bémols sont venus entacher le bilan de ma Golf R depuis sa mise en service en octobre 2015. À la livraison de la voiture, le capteur du régulateur de vitesse adaptatif était incliné à cause de son support qui a été mal assemblé à l’usine. Le support a été remplacé sous garantie, sans frais.

Autour de 28 000 kilomètres, la surface des disques de frein arrière était complètement rayée. Une inspection chez le concessionnaire a confirmé que les étriers de freins fonctionnaient selon les normes et que les disques et les plaquettes étaient arrivés à la fin de leur vie utile. Il s’agit là d’une usure prématurée, compte tenu que le véhicule n’a jamais été utilisé sur piste. Des pièces d’après-marché ont été installées et, 20 000 km plus tard, elles ne démontrent aucun signe d’usure anormale.

Finalement, une odeur d’antigel émanait du compartiment moteur à l’occasion. Vérification faite chez le concessionnaire, la pompe à eau avait une très légère fuite. Elle a été remplacée sous garantie à 40 310 km.

Note finale
En 2015, la seule autre compacte de performance à prix comparable était la Subaru WRX STI. Cette voiture, bien que plus performante, est plus radicale et moins confortable. Autrement, pour avoir un rendement comparable à celui de la Golf R, il faut se diriger du côté des véhicules européens de luxe d’entrée de gamme. BMW Série 3, Audi A4, Mercedes Classe C et Volvo V60 sont des véhicules que j’ai considérés, mais que j’ai vite laissé tomber car ils coutaient de 10 à 20 000 $ de plus que la Golf R pour un équipement et des performances similaires. Je me suis rapidement rendu compte que la Golf R offrait quelque chose d’unique pour le prix. En plus, elle est disponible avec un élément mécanique de plus en plus rare : une boîte manuelle.

Est-ce que je ferais le même choix ? Sans doute. En terminant, un vœu pieux : Volkswagen devrait importer au Canada la version familiale de la Golf R, telle que vendue en Europe. Dans un tel contexte, ce serait une question de temps avant que je ne change de voiture !
 

Spécifications techniques

Marque
Volkswagen
Modèle
Golf
Année
2016
Version à l'essai
R
Échelle de prix (excluant les options)
39 995$
Prix de la version à l'essai
42 515$ + 1 645$ = 44 160$
Options sélectionnées
Ensemble technologies (2 015$), couleur Blanc Oryx (505$)
Moteur
4 cylindres, 2.0 litres, turbocompressé, injection directe, 292 chevaux @ 5400-6200 RPM, 280 lb-pi @ 1900-5300 RPM
Transmission
Manuelle à 6 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée
Ville: 10.9 litres/100 km Route: 7.7 litres/100 km
Consommation enregistrée
8.8 litres/100 km

Points forts / points faibles

  • Moteur vif et coupleux
  • Bon confort général au quotidien
  • Adhérence évidente
  • Boite manuelle précise et agréable
  • Excellente offre pour le prix
  • Coffre limité
  • Sièges inconfortables au long cours
  • Régulateur de vitesse adaptatif non désactivable
  • Plus de 40 000 $ pour une VW Golf
 
 
 

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