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Essai

par Luc-Olivier Chamberland, le 2 août 2017, Victoria, Colombie-Britannique

Porsche Panamera Sport Turismo 2018 : du concept à la réalité Retour aux essais
 

Paris, septembre 2012, Mondial de l’automobile. Porsche crée une commotion avec le dévoilement inattendu du concept Porsche Sport Turismo. Cinq ans plus tard, suivant la nouvelle Panamera, on découvre avec stupéfaction l’audace de l’Allemande qui lance la Porsche Panamera Sport Turismo 2018. Ne l’appelez pas familiale ou « fastback », selon Porsche et la littérature automobile, il s’agit d’un authentique « Shooting Brake » ou « Brake de chasse ». Elle passe du concept, ou même du rêve, à la réalité.

Tour du propriétaire

Entre la réalité et le fantasme du concept, il y a souvent un monde. Avec la Sport Turismo, Porsche conserve une grande fidélité entre les deux voitures. Les distinctions entre la Panamera « normale » et la Sport Turismo se manifestent dès le pilier B, la partie avant se montre identique à la « berline ». Le pavillon garde une droiture libérant de l’espace pour l’intégration d’un hayon plus massif et plus vertical. Bien que l’arrière soit plus imposant, les designers de Porsche sont parvenus à maintenir une belle homogénéité dans les proportions et la silhouette de la Panamera.

Étant chez Porsche, les versions se multiplient comme des lapins en rut. Pour chacune des motorisations, les voitures se distinguent par différents boucliers, bas de caisse et une multitude de jantes. On en dénombre pas moins de 15 différentes, se détaillant entre 690 et 6 270$! La liste des options s’apparente au bottin téléphonique du Grand Montréal. Elles sont nombreuses et souvent très couteuses, mais les acheteurs en ont pleinement conscience. Le fabricant ne suggère que le blanc et le noir sans frais. Le coût des 12 autres couleurs varie entre 950 et 3 770 $. Pour les plus capricieux, Porsche Exclusive fera la teinte de la carrosserie que vous voulez pour la modique somme de 11 300 $... une aubaine!

Vie à bord

Esthétiquement, la présentation intérieure se veut exceptionnelle, simpliste, mais moderne. On fait une négation complète de tous boutons et molettes. On favorise une approche tactile qui, je dois l’admettre, est tout sauf intuitive et ergonomique. Porsche propose une collection d’innovations intéressantes sur papier, mais difficile à vivre au quotidien. À titre d’exemple, pour orienter les buses d’aération centrale, on doit passer par un menu dans l’écran de 12,3 pouces. C’est bien beau, mais franchement compliqué pour rien. Peu importe où l’on veut aller dans les paramètres, on doit naviguer dans un dédale de sous-menus. J’ai perdu 15 minutes sur l’accotement pour trouver la désactivation du système antilouvoiement. Avec les imperfections de la route, on finit par appuyer sur toutes les commandes autour, sauf sur celle que l’on désire. Conséquemment à sa maitrise, on constate à quel point le Porsche Communication Management offre une pléthore de possibilités. Malheureusement, l’écran au fini lustré se recouvre d’empreintes digitales… trainez une lingette!

Une fois en route, on jouit d’un « Shooting Brake » fait pour les longues heures. Les assises s’ajustent de mille et une façons et accordent un confort parfait. Les supports nous prennent en main et nous soutiennent, et ce pour tous les occupants.

Le plus gros avantage de la Sport Turismo? L’espace intérieur. D’entrée de jeu, il s’agit de la seule version livrable avec 5 places. Entendons-nous sur l’appellation 4+1, puisque la cinquième position brille d’inconfort. Le coffre gagne en volume, l’aire logeable passe de 500 litres à 520 litres (425 pour l’E-Hybrid) puis 1 390 litres avec le dossier rabattu.

Technique

Fidèle à la Panamera, on retrouve les mêmes options dans la Sport Turismo à l’exception de la Turbo S e-Hybrid. On refuse en Amérique du Nord la gamme diesel avec son V8 biturbo de 4,0 litres développant 422 chevaux.

Trêve des absents, l’offre de base, un compétent V6 de 330 ch, permet des promenades dynamiques, mais assez sages comparativement au reste de la gamme. Il boucle le 0-100km/h en 5,5 secondes. Cette dernière débute à partir de 109 700$. La S, à 124 500 $, pousse la note vers un bel équilibre puisque l’on atteint une cavalerie de 440 ch. Dans son cas, la centaine arrive en 4,4 secondes. La Turbo s’invite au sommet avec 550 chevaux pour un chrono de 3,8 secondes. La facture : 175 600$.

Toutes ces versions sont exceptionnelles, mais je jette mon dévolu sur l’E-Hybrid. Sans aucune concession, on obtient le V6 de 2,9 litres du modèle de base et ses 330 chevaux. Jouissant d’un apport électrique, on ajoute 136 ch. supplémentaires pour un total de 462 ch. et 516 lb-pi de couple. La puissance arrive dès 1 100 tr/min. Enfichable, on intègre des piles, une autonomie 100 % électrique de 50 kilomètres. Plusieurs modes permettent de maximiser la réduction de la consommation : E-Power, Hybrid, Sport, Sport + et Individual. Au terme de mon essai, tout en ayant une conduite assez agressive, je suis resté sous les 7 litres/100km. Considérant la puissance, c’est impressionnant d’autant plus que l’on boucle le 0-100km/h en 4,6 secondes. Son prix de base est l’un des plus « abordables » de la gamme à 118 600$.

Toutes les versions de la Porsche Panamera Sport Turismo 2018 arrivent avec une boite automatique PDK à huit rapports et surtout, toutes viennent de série avec l’intégral. Il est possible d’obtenir les quatre roues directionnelles pour 1 840$.

Au volant

Avec la Panamera, on obtient une véritable orgie de technologies. Outre les programmes habituels de détection et d’aides de toutes sortes, on découvre l’InnoDrive qui permet, grâce à la géolocalisation, de déterminer les conditions routières à venir pour les 3 prochains kilomètres. S’adaptant à votre conduite, la voiture maximise les régimes du moteur, les bons rapports et ajuste les amortisseurs pour une expérience enlevante. Dès la prise en main, on reconnaît l’ADN de Porsche par le dynamisme et l’aplomb de la Sport Turismo. La direction se montre lourde, mais elle s’adapte à la vitesse. Aucune critique ne s’applique aux suspensions qui avalent les imperfections tout en conservant un haut niveau de sportivité sans concession sur le confort. Imposante, la Panamera possède une agilité étonnante. Pour ajouter à la stabilité, la Sport Turismo se veut la première voiture au monde à intégrer un déflecteur actif. La liste des caractéristiques de la Panamera pourrait s’étirer encore sur des centaines pages.

Conclusion

Je dois admettre être sans mot face à la Porsche Panamera Sport Turismo 2018. Sans l’ombre d’un doute, il s’agit de l’une des meilleures voitures que j’ai conduites dans ma carrière. J’ai entamé une introspection avant d’écrire ces mots. Elle n’est pas grand public avec son prix élitiste, mais n’est pas surévaluée.

Spécifications techniques

Marque
Porsche
Modèle
Panamera Sport Turismo
Année
2018
Version à l'essai
Turbo
Échelle de prix (excluant les options)
109 700 à 175 600$
Prix de la version à l'essai
212 740$
Options sélectionnées
Groupe Assistance (6 120$), Bas de caisse SportDesign (1 480$), Porsche dynamic Light system (1 370$), Park Assist (1 390$), Jantes 911 Turbo Design (4 150$)
Moteur
V8 Biturbo 4,0 litres de 550 ch. de 5 750 @ 6 000tr/min, 567 lb-pide 1 960 @ 4 500 tr/min
Transmission
Automatique à 8 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise constante
Garantie de base
4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
4 ans / 80 000 km
Consommation annoncée
Ville: N/D Route: N/D
Consommation enregistrée
N/D

Points forts / points faibles

  • Ligne superbe
  • Dynamisme de conduite
  • Choix de motorisations
  • Luxe et confort
  • Ergonomie difficile
  • Prix des options
  • Pas de Diesel
 
 
 

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