POUR PLUS DE VIDÉOS, VISITEZ

Essai

par Luc-Olivier Chamberland, le 29 septembre 2017, Sherbrooke

Nissan Rogue SL AWD 2018 : La « station » du XXIe siècle Retour aux essais
 

Quand j’étais petit, mon père conduisait une grosse Taurus familiale. En fait, il en possédait plusieurs, dont la très rare MT5. Mes sœurs et moi, nous nous cordions les uns contre les autres et si par chance, ce n’était pas un long voyage, je pouvais aller dans le coffre assis à contresens! Évidemment, au-delà de la question de l’espace pour tous, cela m’évitait l’habituelle confrontation avec ma sœur Catherine. C’était les années 1980-90. Aujourd’hui, sans l’ombre d’un doute, mon père ferait comme tout le monde et opterait pour un VUS. Le Nissan Rogue 2018 n’est pas parfait et il n’est pas mon préféré, mais je dois objectivement admettre qu’il sait très bien servir la famille.

Tour du propriétaire

Sur le plan du style, j’admets que les designers de Nissan ont très bien travaillé. Les lignes suggèrent le modernisme, la jeunesse et un brin d’audace. Les retouches apportées en 2017 n’ont pas révolutionné le produit, mais l’ont maintenu dans le coup. Avec nous depuis 2014, il n’a pas encore pris une seule ride. Évidemment, les versions d’entrée de gamme sont un peu chiches en décoration, le Rogue est d’ailleurs l’un des rares VUS sur le marché toujours livrable avec des enjoliveurs. (Sic) Heureusement, le SL Platine à l’essai est davantage photogénique.

Vie à bord

Là encore, Nissan se distingue. La présentation brille de tous ses feux avec un style très agréable et moderne. J’aime particulièrement la sensation d’enveloppement que l’on ressent à l’intérieur. Dans la SL Platine, on va jusqu’à offrir des appliques contrastantes qui récupèrent la couleur des sièges sur la planche de bord et la portière. Dans le cas du véhicule à l’essai, un beau mélange du bleu de la carrosserie et de la sellerie de cuir orangé.

La finition est sans reproche. On obtient des ajustements bien faits, mais ne vous attendez pas au même niveau que l’on retrouve dans un CR-V. Nissan utilise plusieurs matières souples sur la majorité des pièces manipulées. Quelques manques apparents, particulièrement au niveau de la console centrale où les plastiques très durs sonnent « cheap ».

En matière d’ergonomie et d’équipement, trônant au sommet de sa gamme, tous les accessoires et les gadgets y sont. Leur emplacement logique marque un bon point. Petit bémol à la taille des boutons sur le tableau de bord qui cerclent l’écran de navigation, ils mériteraient d’être plus gros. Il n’en demeure pas moins que l’on reçoit tout ce dont nous avons besoin et même plus. L’espace est aussi un facteur très positif en faveur du Rogue. On peut obtenir sept places, mais je ne les recommande pas en raison de dégagements trop limités. Pour cinq personnes, aucun problème, tout le monde y trouvera son compte. De plus, avec la SL on intègre un grand toit ouvrant panoramique qui offre une belle luminosité à la cabine. Pour le confort, c’est assez bien, mais j’aimerais des assises un peu plus longues et plus de support. Pour un usage quotidien, on n’y verra que du feu.

Technique

En matière de moteur, Nissan n’offre qu’une seule option au Canada. Malheureusement, on nous refuse encore la version hybride livrable aux États-Unis. Nissan Canada a beau dire qu’il n’y a pas suffisamment de marchés pour ce modèle, lorsqu’on est l’un des 10 véhicules les plus vendus au pays, difficile de se tromper. De plus, Nissan Canada regardez, SVP, le nombre de RAV4 Hybrid. Trêve de critique de commercialisation, mon Rogue venait avec le très économique quatre cylindres de 2,5 litres que l’on connaît depuis plusieurs années. Bien adapté à sa mission, il ferait un bon moteur de base avec ses 170 chevaux. Malheureusement, il n’y a aucun autre choix, c’est un peu juste considérant que la compétition offre généralement plusieurs options.

Bien que compétent et très frugal, il vient avec une horrible boite CVT. Vous savez, le genre de transmission qui nous fait détester les CVT, un bel exemple ici. À la moindre accélération ou reprise, la montée en régime nous donne l’impression que le capot va fendre. Problème d’insonorisation ou de gestion de la boite, peu importe la raison, Nissan devrait régler cet irritant et vite. Aussi livrable en traction seulement, l’AWD fait un bon travail dans la mesure que l’on évite les excursions trop lointaines en forêt. Nissan propose un système réactif qui s’adapte très bien aux situations de tous les jours et surtout lorsque la saison hivernale nous laisse un beau tapis blanc sur les routes.

Au volant

Le Rogue offre un comportement routier très sain. On ressent le calme, un peu trop même en raison du manque de vitalité de la mécanique. Il faut toutefois souligner que le travail de la direction, sans grande saveur, s’exécute assez bien. Le véhicule communique peu, à l’image du RAV4, à l’opposé du Mazda CX-5. En virage, je donne une bonne note aux suspensions qui maintiennent un intéressant taux de fermeté, ce qui nous accorde un fond d’agrément de conduite alors que les freins se montrent endurants et d’une puissance adéquate. Dans le cas du Rogue, le plaisir est en retrait pour favoriser un comportement sans histoire entre le point A et B. Seul véritable défaut, l’insonorisation mériterait une attention particulière pour restreindre les bruits extérieurs et surtout ceux émanant de la gestion de la transmission envers le moteur.

Conclusion

Je comprends parfaitement la position du Rogue dans les palmarès de ventes au pays. Il fait tout bien, mais rien d’extraordinaire. Il offre des arguments de taille comme sa légendaire frugalité, son espace intérieur, sa qualité générale et surtout une bonne fiabilité. Pour plusieurs acheteurs, fin de la discussion, ils signent le contrat. Personnellement, bien que je sois pleinement conscient de tous ces avantages, je ne m’y retrouve tout simplement pas et je me perds dans mes souvenirs, assis dans le coffre de la Taurus « station » de mon père.

Spécifications techniques

Marque
Nissan
Modèle
Rogue
Année
2018
Version à l'essai
SL Platine
Échelle de prix (excluant les options)
27 858 $ à 38 208 $
Prix de la version à l'essai
39 533 $
Options sélectionnées
Ensemble Platine Réserve intérieur (500$), ensemble remorquage
Moteur
L4, 2,5 litres, 170 ch. @ 6 000 tr/min, 175 lb-pi @ 4 400 tr/min
Transmission
Automatique à variation continue
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée
Ville: 9,05 litres/100km Route: 7,13 litres/100km
Consommation enregistrée
9,1 litres/100km

Points forts / points faibles

  • Design agréable
  • Consommation
  • Fiabilité
  • Certains matériaux décevants
  • CVT épouvantable
  • Pas d'hybride pour le Canada
 
 
 

Sondage

 

Laquelle de ces sportives aimeriez-vous voir renaître?

Infolettre

 

Inscrivez-vous à l'infolettre pour recevoir des offres et des nouvelles.

Émissions RPM
Émissions RPM Plus