Essai

par Luc-Olivier Chamberland, le 27 décembre 2017

Nissan LEAF 2018 : en attendant la révolution Retour aux essais
 

Depuis son lancement en 2011, il s’est vendu pas moins de 293 744 unités de la première génération de la Nissan LEAF. Première véritable voiture 100 % électrique à grande échelle, elle s’est imposée dans le cœur des personnes sensibles à l’environnement ou tout simplement tannées d’engraisser les pétrolières. Suivant son succès et l’éveil d’une conscience sociale, plusieurs autres constructeurs se sont joints à la danse et l’on assiste depuis à une multiplication de ces produits. Malgré ces attaques répétées, la LEAF demeure l’EV le plus vendu de tous les temps.

Tour du propriétaire

Qu’on se le dise, la nouvelle LEAF adopte une approche nettement plus conventionnelle, moins spatiale dans ses lignes. Les designers de Nissan ont écouté les commentaires des propriétaires et ont vite compris que l’électrification ne signifie pas nécessairement que l’on doit avoir un véhicule qui semble venir d’une autre planète. Largement inspiré du concept IDS du Salon de Tokyo 2015, on lui reconnaît des traits plus sobres, plus en lien avec le reste de la famille. Oui, c’est un peu plus générique, mais cela permettra certainement d’attirer plus d’acheteurs.

Avec son coefficient de trainée de 0,28, la LEAF se veut l’une des voitures les plus aérodynamiques de l’industrie, un fait qui fera gagner quelques centaines de mètres entre les recharges. On retrouve des éléments propres à Nissan comme la calandre en V, le toit flottant et les feux en boomerang. Trois versions initiales au lancement : la S avec ses enjoliveurs, la SV qui représente l’équilibre avec des phares antibrouillards et des jantes de 17 pouces, il n’y a pas de distinction esthétique extérieure pour ce qui est de la « SL ». Notez au passage que l’intégration de la prise est simplifiée avec une ouverture à 45 degrés permettant un branchement plus ergonomique.

Vie à bord

Plus sage à l’extérieur et également plus sage à l’intérieur. Nissan rejette l’ancienne approche futuriste pour une présentation plus conservatrice et nettement plus fonctionnelle. On retrouve une planche de bord simple et efficace. Au premier regard, on note que la qualité générale des matériaux est à la hausse bien que ce soit encore presque uniquement des plastiques durs qui meublent les surfaces. La finition ne se prête pas au reproche bien qu’il y ait quelques détails irritants comme la console qui semble mal fixée.

L’instrumentation se veut claire avec un indicateur de vitesse à droite et un écran à gauche qui multiplie les informations disponibles par les commandes au volant. La version de base « S » vient avec un moniteur à la planche de bord de 5 pouces alors que les « SV » et « SL » en proposent un de 7 pouces. À ce titre, Apple CarPlay et Android Auto ne sont livrables que sur les deux derniers niveaux d’équipement. Dès la « S », Nissan intègre les sièges chauffants à l’avant et à l’arrière, tout comme le volant chauffant sur le marché canadien. Pour un minimum d’accessoires, la majorité des acheteurs se dirigeront vers le modèle « SV » qui inclut plusieurs éléments de sécurité actifs ainsi que l’application NissanConnect EV. Pour obtenir une sellerie de cuir, le système audio Bose à sept haut-parleurs et les rétroviseurs chauffants, on doit choisir la « SL ».

En matière de confort, les assises offrent de bons supports et se montrent agréables pour de longs trajets. Il y a quelques défauts de conception quant aux différentes postures de conduite, notamment avec le volant ajustable uniquement en hauteur. De plus, la console empiète sur les jambes du passager et le panneau du coffre à gants tombe littéralement sur les tibias à l’ouverture. La LEAF comporte bien cinq ceintures de sécurité, mais la place centrale arrière est largement amputée par une bosse où reposent des batteries. Au coffre, l’accès est difficile en raison d’un seuil TRÈS haut alors que le plancher est TRÈS profond. On y retrouve les graves du système Bose dans la malle qui nuira au chargement. Peu pratique, une fois le dossier rabattu, on obtient tout sauf un fond plat.

Technique

La Nissan LEAF 2018 récupère la plate-forme de l’ancienne génération. Bien que les piles soient plus puissantes, elles prennent le même espace qu’antérieurement. On va d’une capacité de 30 kWh à 40 kWh pour 2018 représentant 33 % de plus d’énergie tout en offrant 40 % plus d’autonomie qui table maintenant à 241 kilomètres. La force du moteur atteint 110 kW contre 80 précédemment. De ce fait, la cavalerie passe à 147 chevaux et un couple de 236 lb-pi.

Pour la recharge, Nissan intègre à même le câble un convertisseur de niveau 1 et niveau 2, il n’est donc plus nécessaire d’avoir une borne à la maison. Il suffit d’avoir une prise de 120V ou encore de 240V sous la main. Dans le premier cas, si les piles sont complètement vides, comptez 35 heures contre 7,5 heures sur le 240V. Sur le niveau 2, on peut obtenir en 30 minutes une autonomie d’environ 141 kilomètres.

Sur la route

Outre l’amélioration de l’autonomie, l’aspect qui impressionne le plus avec la LEAF est indéniablement son comportement. Elle se montre nettement mieux plantée sur la route avec une excellente rigidité structurelle. Les ingénieurs de Nissan ont concocté une voiture agréable à conduire. Ce n’est pas le même niveau d’agrément d’une e-Golf, mais c’est supérieur à la Bolt, et de loin. Les suspensions proposent un bel équilibre entre le confort et le dynamisme. En virage, elle étonne par sa stabilité et son aplomb. La direction se montre précise, mais communique très peu. On ressent un effet d’élasticité qui gomme l’expérience, mais rien qui ne soit un handicap, surtout en ville.

Truffée de technologie, la LEAF 2018 intègre le e-Pedal, un système de récupération de l’énergie cinétique. Le programme permet de « freiner » la voiture sans que l’on ait à appuyer sur le frein. Très efficace, on peut facilement moduler notre freinage simplement en relevant délicatement la pression sur l’accélérateur. On aborde les virages avec une grande aisance. Cela ressemble à celui de la BMW i3 et la Chevrolet Bolt, mais dans ce cas-ci, il se fait de manière beaucoup plus progressive. Au compte, Nissan annonce que l’on peut ainsi récupérer quelque 5 % d’énergie. À cela s’ajoute le mode ECO qui adoucit l’accélération et prolonge encore une fois l’autonomie. C’est un peu castrant, mais les plus écolos s’en régaleront.

Sur les modèles « SV » et « SL », le ProPilot Assist est offert de série. Autonomisation de niveau 2, la LEAF peut se conduire toute seule sur l’autoroute, mais demande quand même que l’on conserve un contact avec le volant en permanence. Les accélérations, décélérations et virages se font seuls, sans notre intervention. Pour une voiture de ce prix, c’est un pas dans la bonne direction. Le programme s’utilise intuitivement bien que j’aurais aimé un peu plus de liberté.

Conclusion

La LEAF 2018 marque une très belle évolution du modèle. Au-delà de l’amélioration de l’autonomie électrique, il s’agit d’une bien meilleure voiture à presque tous les points de vue. Plus solide, bien plantée sur la route, mieux équipée, plus conviviale et surtout plus technologique, la LEAF met la table pour redevenir une leader dans le segment. Évidemment, la stratégie de Nissan s’élargira dans les mois/années à venir avec l’introduction d’une deuxième gamme à 321 kilomètres d’autonomie. Elle sera plus chère et on ne sait pas si elle portera le nom de NISMO ou Platinum, mais une chose est certaine, elle sera plus compétitive.

Spécifications techniques

Marque
Nissan
Modèle
LEAF
Année
2018
Version à l'essai
SL
Échelle de prix (excluant les options)
35 998 $ à 41 998 $
Prix de la version à l'essai
41 998 $
Moteur
Moteur électrique "e-Powertrain", 147 chevaux, 236 livres-pied de couple, batterie Lithium-Ion de 40 kWh.
Transmission
Automatique (réducteur à un seul rapport)
Rouage d'entraînement
Roues motrices avant
 
 
 

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