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Essai

par Antoine Joubert, le 22 octobre 2017

Mercedes-Benz C300 4Matic Wagon 2018 : réponse tardive Retour aux essais
 

Mercedes-Benz a offert la familiale de Classe C sur le marché canadien que pour une courte période, soit de 2002 à 2005. Autrement, il faut remonter au début des années 80 pour se remémorer la présence de la dernière familiale compacte du géant allemand, qu’était la 240D/300D/300TD. Pourtant, Audi n’a jamais cessé d’offrir l’A4/Allroad en version familiale depuis son arrivée en 1996. Et même chose du côté de BMW, qui nous sert une Série 3 familiale depuis maintenant près de vingt ans.

Alors, pourquoi Mercedes-Benz a mis autant de temps à réagir? Ne cherchez pas, les Américains n’en veulent pas. Vive le nouveau GLC disent-ils ! Pas besoin de la B250, et encore moins d’une Classe C familiale. Et pour cause, cette dernière ne leur est toujours pas offerte, signe que l’importation de ce modèle chez nous relève d’une initiative de Mercedes-Benz Canada.

Pourquoi une familiale?
Il faut comprendre que l’acheteur d’une familiale compacte de luxe n’est pas le même que celui d’un VUS. Ironiquement, on utilise rarement de nos jours ce genre de véhicule pour des besoins familiaux. Les VUS sont plus spacieux, polyvalents, et plus à la mode. Or, la familiale offre deux choses que les utilitaires/multisegments n’ont pas. D’abord, un style unique apprécié d’une certaine clientèle, ainsi que comportement routier d’une vraie voiture. J’oserais également affirmer que ce genre de véhicule permet de se différencier dans un paysage automobile où les familiales se font rares.

Maintenant, la vraie question. Est-ce que cette C300 4Matic est à la hauteur des attentes? Séduira-t-elle ceux qui ont un faible pour les familiales? Pour le savoir, je me suis donc prêté au jeu d’un parcours de plus de 2 000 kilomètres, en effectuant l’aller-retour Montréal-Detroit à son volant.

Première bonne nouvelle, elle a du coffre. Un coffre bien aménagé, volumineux, qui s’accompagne d’un cache-bagages inclinable de façon motorisée, facilitant le chargement d’objets. Et si le volume cargo ne suffit pas, ne reste qu’à rabattre à plat les dossiers de la banquette arrière, soi-dit en passant très confortable.

Derrière le volant, la très large console centrale empiète sur l’espace aux jambes. Voilà le seul véritable reproche qu’il m’est possible de porter à l’habitacle de cette voiture, dont la finition est superbe. D’ailleurs, j’accorde une belle note à l’éclairage d’ambiance le soir venu, ainsi qu’aux boiseries cendrées optionnelles, qui enrichissent la présentation pour un supplément de 250$.

Une routière?
Absolument. Il me faut d’abord applaudir le confort du siège du conducteur, lequel propose un coussin d’assise réglable ainsi que de nombreux ajustements. Cela permet d’ailleurs d’obtenir la meilleure position de conduite possible, et ce qu’importe votre gabarit.

Une fois lancée, la voiture fait preuve d’une grande stabilité routière. La direction est vive, précise et communicative, ce qui contribue au plaisir de conduire. On s’étonne également du faible diamètre de braquage de la voiture, un avantage non négligeable en milieu urbain. Bien sûr, la voiture propose différents modes de conduite qui pourront cadrer avec votre humeur du moment. Or, pour être honnête, les modes Sport et Sport+ deviennent vite lassants, puisque la boîte à neuf rapports, pourtant très compétente, étire à ce moment le passage des vitesses de façon inutile. En contrepartie, la plus grande fermeté de la direction et de la suspension pneumatique dynamise le comportement.

Pour ma part, la grande majorité du trajet s’est effectuée en mode Confort. Idéale pour uen conduite de tous les jours et pour un bel équilibre de conduite. Et non, pas de mode Eco pour moi. Ce mode paralyse maladroitement une partie de la puissance, rendant l’expérience de conduite drôlement moins agréable, et ce même à vitesse de croisière. De toute manière, les 8,1 litres aux 100 km consommés en moyenne par notre familiale m’ont semblé tout à fait raisonnables. Souvenez-vous que cette familiale est dotée de la traction intégrale et d’une puissance de 241 chevaux. D’ailleurs, parlant de puissance, je dois admettre que celle-ci étonne particulièrement à moyen régime. Aurais-je préféré une version C43 AMG (non existante)? Sans doute. Mais sachez que le rendement mécanique de cette Benz est tout sauf décevant.

Réconciliation
Ces dernières semaines, j’ai pu mettre à l’essai différents modèles de la gamme Mercedes-Benz. Une puissante C63 S, un roadster SL550 ainsi qu’une berline AMG E43 4Matic. À ma grande surprise, ces trois voitures étaient affectées par d’importants craquements et bruits de caisse, signe d’un assemblage inégal. La berline E43 était de loin la pire d’entre elles, les craquements provenant du toit, des portières, mais aussi d’un assemblage discutable de la planche de bord et des panneaux de portières. Ne suffisait que d’appuyer sa main sur la partie centrale de la console pour obtenir la sensation d’un plastique bon marché, fixé à la hâte comme dans une Pontiac des années 90. Et non, je n’exagère pas. C’était franchement décevant.

Maintenant, ces quelques épisodes disgracieux se sont heureusement arrêtés avec l’essai de notre familiale C300, qui semblait assemblée d’une seule pièce. Solide, exempte de craquement, elle respirait la qualité.

Et la facture, elle?
Soyons francs, la familiale C300 n’est pas donnée. Le prix de base de 46 000$ peut sembler minimalement raisonnable, mais devient vite moins alléchant lorsque vient le temps de sélectionner quelques options. À titre d’exemple, notre voiture d’essai toujours dépourvue d’un régulateur de vitesse intelligent, de l’affichage tête haute, de l’ensemble sport AMG et de plusieurs autres accessoires commandait avant les frais de transport, un prix de 56 895$. Donc, une facture de 10 895$ supérieure à celle du modèle de base qui disons-le, est plutôt dénudé. On ne peut donc pas parler d’une aubaine. Encore moins lorsqu’on la place à côté d’une VW Golf Highline 4Motion nettement mieux équipée et de même format, vendue pour environ 12 000$ de moins qu’un modèle de base. Maintenant, il est vrai qu’une Golf n’est pas une Mercedes-Benz. Le raffinement supplémentaire de notre sujet est palpable à son volant comme au chapitre de la finition générale. Soyez cependant conscients qu’on nous fait payer cher la présence de l’étoile argentée, exhibée un peu partout sur la voiture.

En terminant, sur une note plus personnelle, je dois vous dire que je craque pour son look. Un style à mon sens plus original et plus réussi que celui de la berline, qui a perdu selon moi une parcelle de la grâce du modèle de précédente génération. D’ailleurs, ma balade a Detroit a engendré un fort intérêt de mes collègues journalistes américains, qui ont tous eux aussi été séduits par la voiture, eux qui n’y ont pas droit. Finira-t-elle par traverser leur frontière? Qu’importe puisque nous, nous y avons droit !
 

Spécifications techniques

Marque
Mercedes-Benz
Modèle
Classe C
Année
2018
Version à l'essai
C300 4Matic Wagon
Échelle de prix (excluant les options)
46 000$
Prix de la version à l'essai
56 895$ + 2 795$ (transport et préparation) = 59 690$
Options sélectionnées
Ensemble Premium (5 000$), Ensemble Premium Plus (2 300$), Volant chauffant (250$), Radio satellite Sirius (475$), Boiseries "Dark Ash" (250$), peinture Gris Sélénite (890$),
Moteur
4 cyl, 2,0 litres, turbo, DACT, 241 ch @ 5 500 tr/min, 273 lb-pi @ 1 300-4 000 tr/min
Transmission
Automatique à 9 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise constante
Garantie de base
4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
4 ans / 80 000 km
Consommation annoncée
Ville: 10,7 l aux 100 km Route: 8,0 l aux 100 km
Consommation enregistrée
8,1 l aux 100 km

Points forts / points faibles

  • Ligne réussie
  • Finition remarquable
  • Motorisation nerveuse
  • Bel agrément de conduite
  • Beaucoup d'options coûteuses
  • Rendement de la transmission en mode sport
  • Console centrale massive
  • À quand la version AMG C43 4Matic?
 
 
 

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