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Essai

par Antoine Joubert, le 12 février 2017

Mazda CX-3 2017 : le bel appât Retour aux essais
 

Voilà maintenant plus d’un an que le CX-3 sillonne les routes du Québec. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il fait énormément jaser. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on me demande mon opinion sur ce modèle, que Mazda publicise d’ailleurs à outrance. Il faut dire que le créneau des multisegments urbains est en pleine expansion, et que tous les véhicules de ce segment, qu’ils soient convaincants ou non, connaissent du succès.

Chose certaine, le pari de Mazda avec le CX-3 a été gagné. Non seulement ce véhicule a réussi à séduire près de 10 000 Canadiens l’an dernier, mais il a aussi permis au constructeur d’attirer des gens en concession, qui ont parfois tourné leur dévolu vers le CX-5. On pourrait cependant croire que les ventes du CX-3 ont affecté celles de la Mazda3, dont les ventes ont chuté de 20% en 2016. En réalité, on assiste actuellement à un mouvement du marché, la clientèle délaissant massivement la berline compacte pour se procurer multisegments et VUS.

Le bon pari
Au moment de lancer le CX-3, Mazda prévoyait aussi introduire une nouvelle génération de Mazda2 sur le marché. Or, la faible demande pour ce genre de produit, jumelé au fait que les marges de profit sont symboliques, ont fait dire aux concessionnaires qu’il était tout simplement plus sage de mettre de côté la sous-compacte, en se concentrant sur un produit plus en vogue…et plus payant. De ce fait, Mazda lançait un CX-3 au moment même où plusieurs autres marques introduisaient un produit rival. Pensez à Jeep avec le Renegade, au Honda HR-V, ou encore à Fiat, qui lançait un premier véhicule à rouage intégral, nommé 500X.

Évidemment, comme tout produit de la marque, le design du CX-3 a su séduire. Même en livrée GX de base, la forme audacieuse et extrêmement dynamique de la carrosserie charme de façon incontestable, lui permettant de gagner des points sur la concurrence avant même qu’on s’y attarde plus étroitement. Alors imaginez comment une version GT, affublée de magnifiques jantes de 18 pouces et de feux au DEL directionnels, peut charmer. Hélas, aucune version du CX-3 n’est livrée avec une fenestration teintée, ce qui permettra bien sûr aux concessionnaires de l’offrir en supplément !

Besoin d’un véhicule familial? Vous constaterez alors rapidement, à l’ouverture des portières, que le CX-3 ne convient pas. L’espace y est si restreint que la seule idée de vouloir installer un siège d’appoint à l’arrière devient superflue. Voilà sans doute pourquoi plusieurs acheteurs attirés par ce modèle ont plutôt jeté leur dévolu sur le CX-5, nettement mieux adapté aux besoins des « soccer moms ».

Heureusement, ceux qui peuvent se contenter d’un 3 ½ apprécieront non seulement l’aménagement moderne et très esthétique du CX-3, mais aussi toute la technologie qui s’y trouve. L’attraction principale du poste de conduite réside à ce propos à travers un écran de 7 pouces, juché en plein centre du poste de conduite, lequel contient l’essentiel des fonctions. Navigation, musique, téléphonie et personnalisation des fonctions font partie de cet écran, qui se dirige instinctivement via une molette placée à la console. Hélas, pas d’application Apple CarPlay ou Android Auto, si simple et pratique.

Châssis…de Toyota Yaris !
Vous êtes peut-être sans savoir que la Toyota Yaris berline, récemment introduite sur le marché, est essentiellement une Mazda2 légèrement recarrossée, sur laquelle se greffe un logo Toyota. Bien sûr, cette curieuse stratégie de commercialisation de la part du géant japonais l’est d’autant plus lorsqu’on sait que même les concessionnaires Mazda ont choisi de lever le nez sur la Mazda2. Néanmoins, la Yaris berline (puisque la Mazda2 n’est pas offerte chez nous) constitue le seul produit vendu chez nous avec lequel le CX-3 partage ses éléments structuraux.

Bien sûr, le CX-3 ne reprend pas le petit quatre cylindres de 1,5 litre de la Mazda2, qui aurait certainement été trop poussif. On opte plutôt pour le moteur SKYACTIV-G de 2,0 litres jumelé à la boîte automatique, aussi offert sur la Mazda3. Hélas, on lui retranche ici quelque 9 chevaux en raison d’une restriction supplémentaire au niveau du système d’échappement, réussissant tout de même à faire grimper le couple à 146 lb-pi, dès les 2 800 tr-min. Pourquoi ne pas offrir le 2,5 litres? Par simple souci d’économie, dit-on. Et à ce chapitre, il faut admettre que la moyenne de consommation de 7,8 litres aux 100 kilomètres enregistrée cet hiver permet de croire que le choix mécanique est approprié.

Du plaisir?
Sur le plan de la puissance, il est clair que le quatre cylindres de 2,5 litres offert sur d’autres produits de la marque aurait été bienvenu. Bien sûr, le 2,0 litres est frugal et honnête en matière de puissance, mais parce que le CX-3 propose une conduite sportive et réellement dynamique, le sentiment de manquer de puissance revient souvent en surface.

En option est également proposé le système de rouage intégral i-ACTIV, lequel impressionne par son efficacité sur une surface enneigée. Or, il faut surtout retenir que le CX-3 propose une conduite vive, dynamique, que l’on peut même qualifier de sportive. Rien à voir avec celle des Chevrolet Trax, Honda HR-V et Jeep Renegade, nettement plus ennuyants. En fait, son plus proche rival sur le plan dynamique serait sans doute le Nissan Juke, auquel il faut cependant concéder une puissance supérieure.

Une Mini Countryman à 10 000$ de moins?
Il ne faut pas observer le CX-3 comme un produit rationnel. Il s’agit d’un coup de cœur, d’un bolide charmant et contemporain, qui procure avant tout du plaisir. Un peu à la façon de la Mini Countryman, mais sans l’obstacle du prix et des coûts d’entretien faramineux. Peut-être aviez-vous envisagé l’achat d’une Mazda3 sans savoir que vous alliez craquer pour celui-ci? Peut-être ne pensiez-vous pas être fait pour un pseudo VUS? Mazda vous suggère avec ce véhicule de vous lancer, de succomber à la tentation. Mais soyez avertis, l’espace y est compté. Voilà sans doute son plus gros handicap. Car pour le reste, ce n’est que du bonheur.
 

Spécifications techniques

Marque
Mazda
Modèle
CX-3
Année
2017
Version à l'essai
GT AWD
Échelle de prix (excluant les options)
20 695$ à 28 995$
Prix de la version à l'essai
28 995$ + 1 895$ (transport et préparation) = 30 890$
Moteur
4 cyl, 2,0 litres, DACT, 146 ch @ 6 000 tr/min, 146 lb-pi @ 2 800 tr/min
Transmission
Automatique à 6 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
3 ans / kilométrage illimité
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / kilométrage illimité
Consommation annoncée
Ville: 8,8 l aux 100 km Route: 7,5 l aux 100 km
Consommation enregistrée
7,8 l aux 100 km

Points forts / points faibles

  • Style charmant
  • Agrément de conduite
  • Présentation intérieure soignée
  • Équipement complet
  • Faible consommation d'essence
  • Espace restreint
  • Puissance modeste
  • Boite manuelle non offerte
 
 
 

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