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Essai

par Luc-Olivier Chamberland, le 26 septembre 2017, San Francisco, CA

Lexus LS 2018 : haute couture japonaise Retour aux essais
 

San Francisco, CA. Difficile de s’imposer devant des entreprises qui ont construit leur réputation, souvent centenaire, sur l’excellence de leurs « limousines ». Maintenant que l’on découvre et conduit la cinquième génération de la LS, il faut se rendre à l’évidence que Lexus change complètement son fusil d’épaule. Les designers ont compris que le style « Corolla décuplée » n’avait plus sa place. Ils arrivent enfin avec une voiture qui inspire l’élégance, la sportivité, une rupture avec le passé. Orientée vers l’art Takumi, on peut dire que la Lexus LS 2018 représente la haute couture « à la » japonaise.

Tour du propriétaire

Largement dérivée du concept LF-FC 2015, Lexus se détourne de la berline ennuyante, consensuelle et sans traits marquants. Repoussant les dogmes de la signature L-Finess, la LS 2018 se montre franchement sexy. Oui, oui, j’ai bien dit sexy pour une LS. L’ensemble de ses lignes tirent leurs origines à travers la calandre en sablier. Toujours assez controversée, elle s’impose élégamment dans le cas présent. Les détails des phares sont notables. On fait faire une évolution au crochet en DEL qui se sépare maintenant en trois dans la partie supérieure.

Au profil, Lexus change complètement son approche. Toutes les mesures sont revues à la hausse à l’exception de la hauteur qui diminue de 3 cm. La ceinture de fenestration intègre une large bande de chrome qui pourra être satiné ou encore noir selon la version adoptée. Lexus offre d’ailleurs quatre types de jantes différentes toutes de 19 à 20 pouces. Pour une touche de style supplémentaire, une F-Sport revient dans la gamme. Pour ce qui est de l’arrière, là encore, les feux caractéristiques en L s’imposent dans une structure élégante et sportive à la fois. Notez que l’hybride n’a pas de pots d’échappement, ils sont dissimulés sous le pare-chocs alors que la turbo propose deux sorties bien réelles. Pour conclure l’extérieur, Lexus n’offre maintenant qu’un seul empattement pour la LS. Lexus repousse les essieux pour ainsi libérer plus d’espace entre les roues que l’ancienne version L.

Avec cette robe, la LS ne s’adresse plus directement aux Mercedes-Benz Classe S, BMW Série 7 ou à l’Audi A8, mais bien aux Maserati Quattroporte et à la Jaguar XJ. Fini la porte de service, vive le tapis rouge.

Vie à bord

La vie de la LS 2018 a très bien débuté. Lors de son lancement au Salon de Détroit en janvier dernier, elle s’est vue récompensée par le prestigieux prix EyesOn Design pour le plus bel intérieur pour une voiture de production. Il faut se rendre à l’évidence qu’il est effectivement spectaculaire avec son style en vague et les fines lignes tirées de l’art japonais, dans ses plus délicates subtilités. Je dois parler des différentes appliques que l’on retrouve dans les portières. Toutes inspirées de l’art Takumi, en plus d’une collection de finis et de motifs pour les boiseries, on propose même du verre taillé de type Kiriko.

La planche demande un certain questionnement, le temps de prendre nos aises. Disons que l’ergonomie n’est pas des plus évidentes, mais n’est pas pire que dans les produits allemands, tout aussi complexes. L’instrumentation se montre assez simple avec plusieurs touches au volant qui permettent une certaine modularité à partir de l’écran de 8 pouces. Notez également que Lexus intègre un affichage tête haute de 24 pouces… oui, oui… 24 pouces. On y obtient l’essentiel des informations concernant notre vitesse, les systèmes de sécurité et la navigation. Le moniteur central de 12,3 pouces accorde une infinité de commandes. Lexus reconduit malheureusement le pavé tactile comme unique moyen de gestion, peu intuitif et plus ou moins précis.

À la compétition, Lexus offre une version Executive où l’on se retrouve carrément dans une limousine. Les sièges arrière, bien que la position soit assez élevée, suggèrent un confort princier. Avec cette option, il est possible de s’étendre de tout son long avec un repose-pied rétractable pour le support des jambes. Évidemment, le dossier s’incline et l’on obtient les mêmes accessoires qu’à l’avant, on se fait masser, climatiser, chauffer dans tous les sens. Les privilégiés dans cette position auront également le contrôle des commandes de la radio et des rideaux pouvant les isoler du monde extérieur.

Technique

Lexus revient avec deux motorisations, exactement les mêmes que celles que l’on retrouve dans le coupé LC. D’entrée de jeu, on redécouvre le V6 biturbo de 3,5 litres d’une puissance de 416 chevaux avec un couple de 442 lb-pi dans la Lexus LS 500 2018. Ce dernier est juxtaposé à une boite automatique à dix rapports.

Pour la Lexus LS 500h 2018, on parle d’une voiture hybride optant pour un autre V6 de 3,5 litres avec une assistance électrique multi-stage. Le cumul des forces permet une cavalerie de 354 ch. Toutes les versions canadiennes viennent de série pour un rouage intégral alors que nos voisins du sud auront la possibilité d’une gamme à propulsion.

Fait intéressant, il s’agit de la deuxième utilisation de cette plate-forme entièrement dédiée aux produits de luxe et de grande taille par Lexus, la première étant le Coupé LC. Lexus offre à la LS une panoplie d’éléments distinctifs dont les suspensions à l’air adaptatif jouant sur un débattement de 30 mm. La voiture s’abaisse à haute vitesse et se redresse dès que l’on se stationne pour en faciliter l’entrée et la sortie.

Sur la route


Je dois admettre que mon opinion sur la LS est mi-figue, mi-raisin. La LS 500h se montre très compétente, mais l’expérience est passablement atténuée par l’obsession de la boite automatique à restreindre la consommation de carburant. Même en mode Sport/Sport+, elle refuse fréquemment de faire des montées en régime pour dynamiser la conduite. Il n’en demeure pas moins que pour les promenades tranquilles, cette mécanique fait un excellent travail. À ce titre, il importe de souligner que l’on peut atteindre 55 km/h en mode 100 % électrique avant l’intervention du moteur thermique. Cette information est vraie sur papier, mais dans la réalité, dès que l’on effleure l’accélérateur, le V6 entre en jeu.

Pour la LS 500 et la LS 500 F-Sport, c’est une autre histoire. Le V6 biturbo fait presque des merveilles. Jamais la puissance ne fait défaut. Il faut aussi souligner que sa sonorité s’apparente à de la musique. Ici, la gestion de la transmission m’a semblé nettement supérieure que dans la version hybride.

Elle se montre bien plantée sur le pavé et offre une excellente stabilité. Initialement ennuyante à mourir, on découvre une grande forme d’agrément de conduite à son bord. La direction communique peu, mais se montre très réactive et surtout précise. Les suspensions travaillent à merveille avec un aplomb notable. Le fait que la LS 2018 soit beaucoup plus basse, plus large et avec un empattement étiré, on sent qu’elle s’agrippe à la route. Fait étonnant, cette nouvelle génération est un peu plus lourde que l’ancienne.

Conclusion

La rupture avec le passé de la LS est nette. Son approche diffère complètement puisque qu’aujourd’hui, on met à l’avant-plan le style et le design. Je ne pense pas que la LS repousse les limites que l’on connaît avec les Classe S, Série 7 et A8. Ces dernières demeurent beaucoup plus innovantes et technologiques. Les Allemandes ne se sentiront pas menacées, mais pour ceux qui veulent une grande berline « sexy », ils y trouveront leur compte, au même titre qu’avec Maserati et Jaguar, fiabilité en surplus!

Spécifications techniques

Marque
Lexus
Modèle
LS
Année
2018
Version à l'essai
LS 500h
Échelle de prix (excluant les options)
N/D
Prix de la version à l'essai
N/D
Options sélectionnées
Ensemble Executif, Jantes de 20 pouces, volant en boiserie et cuir, Suspension à l'air, Affichage tête-haute, vision panoramique, Système audi Mark Levinsion 23 haut-parleurs
Moteur
V6 Multi-Stage 3.5 litres, 354 ch @ 6 600 tr/min, 257 lb-pi @ 5 100 tr/min
Transmission
Automatique à 10 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
6 ans / 110 000 km
Consommation annoncée
Ville: N/D Route: N/D
Consommation enregistrée
N/D

Points forts / points faibles

  • Design extérieur et intérieur
  • Comportement routier
  • Fiabilité légendaire
  • Gestion de la transmission hybride
  • Assez pour battre les Allemandes?
  • Seul des V6
 
 
 

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