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Essai

par Antoine Joubert, le 2 mars 2017

Jeep Compass 2017 : meilleur...mais plus cher Retour aux essais
 

Dix ans se sont écoulés depuis l’arrivée du tout premier Jeep Compass en 2007. Et depuis, Jeep a énormément évolué, au point de devenir avec Ram, la vache à lait de la grande famille FCA. Personne, surtout à cette époque, ne peut aujourd’hui expliquer l’infatigable succès du Wrangler, qui continue de se vendre en conservant une valeur marchande si élevée qu’elle défie tout pronostic de la part des experts. Cela dit, cet attrait pour le Wrangler comme pour plusieurs autres véhicules de la marque Jeep permet de rehausser sans cesse l’image de tous les produits de la famille. Voilà sans doute une des raisons pour laquelle les Compass et Patriot ont réussi là où la Dodge Caliber (jumelle non identique) a lamentablement échoué.

Aujourd’hui, l’heure est à la refonte pour le Compass. Mais seulement le Compass. Car le Patriot lui, tire sa révérence. Pourtant, les ventes du Patriot étaient jusqu’ici beaucoup plus élevées que celles du Compass. Alors, pourquoi abandonner le plus populaire des deux? La raison est simple, on vise avec le Compass un marché international. Notamment celui de la Chine et de l’Europe, où le « patriotisme » américain n’a évidemment pas lieu d’être. On peut aussi considérer que le style plus angulaire du Patriot est en partie repris avec le Renegade, alors que le Compass visera directement les acheteurs de Ford Escape, Honda CR-V, Hyundai Tucson et autres.

2017…ou 2017 ?
Vous l’avez remarqué, le nouveau Jeep Compass affiche l’année-modèle 2017, non pas 2018. Pourquoi en est-il ainsi? Simplement parce que le Compass a aussi été lancé sur d’autres marchés, un peu avant de débarquer chez nous. Fabriqué au Mexique, mais aussi en Inde, en Chine et au Brésil, le Compass constitue ainsi un véhicule mondial. Or, chez nous, le problème réside dans l’existence d’un Compass 2017 d’ancienne génération, toujours offert chez les concessionnaires. D’ici quelques semaines, vous pourrez donc choisir entre un Compass 2017 d’ancienne ou de nouvelle génération.

Évidemment, inutile de vous dire que la nouvelle mouture est nettement plus efficace. Plus jolie, plus solide, plus performante, plus équipée…et plus chère. Beaucoup plus chère. En fait, tout l’intérêt de l’ancien Jeep Compass, surtout ces dernières années, résidait en son prix alléchant. Dépassé sur le plan technique et affichant un bilan de fiabilité toujours en deçà de la compétition, il ne pouvait rivaliser avec la trop forte compétition. Or, en le proposant à moins de 20 000$, on parvenait à en écouler encore de bonnes quantités.

Avec la nouvelle génération, Jeep vire son capot de bord. Plus question de jouer la carte de la facture alléchante. On vise à renforcer l’image de la marque avec un produit de qualité nettement supérieure. L’ère Chrysler où seul le prix était un incitatif semble s’effacer. Et franchement, le Compass le prouve bien.

D’entrée de jeu, Jeep propose un véhicule bien dessiné, aguichant, pour lequel le parallèle avec le Grand Cherokee est inévitable. De la version Sport plus commune jusqu’à la version Limited, très luxueuse, on en propose aussi pour tous les goûts. À mon sens, la version Trailhawk demeure la plus attrayante. Du moins, physiquement. La garde au sol plus élevée, les pare-chocs distincts, le capot partiellement noir, les plaques protectrices et bien sûr, ces désormais traditionnels crochets d’ancrage peints en rouge, renforcent son caractère avec brio. Jeep ne se gêne pas non plus pour y aller de teintes affriolantes, telles bleu, rouge, orange, vert, etc…

Fait intéressant, les versions Trailhawk récemment lancées sur les Cherokee, Grand Cherokee et Renegade connaissent un succès proportionnellement beaucoup plus grand au Canada que partout ailleurs. Jeep estime d’ailleurs que 30% des ventes du nouveau Compass au Canada s’effectueront avec la version Trailhawk, contre seulement 10% chez nos voisins du sud. Les Canadiens auraient-ils davantage soif d’aventure?

Bonjour la famille?
Qu’importe le véhicule Jeep que vous convoiterez, vous serez en mesure de constater que l’espace intérieur n’est pas impressionnant. Le Cherokee, considéré par Jeep comme un rival du Hyundai Santa Fe et du Ford Edge, offre assurément le plus petit espace intérieur de ce segment. On peut évidemment débattre de la position du Cherokee dans le marché, mais attendez-vous à ce que la prochaine génération prenne du volume.

Du côté du Compass, même constat. L’espace intérieur est plus généreux que dans le passé, mais ne rejoint pas encore celui des CR-V, Tucson, Rogue et autres. On s’y sent un peu plus à l’étroit, qu’importe l’endroit où vous prenez place, et la soute demeure plus petite. On aurait également souhaité des sièges arrière qui se rabattent véritablement à plat pour optimiser l’espace cargo, ce qui n’est pas le cas. En revanche, le dossier du siège du passager avant se replie lui aussi presque totalement, une touche unique et parfois très appréciable.

Notez cependant que le Compass affiche une qualité de finition qui ne se compare aucunement avec celle de son devancier. Les matériaux sont de belle facture, les contrastes de couleurs sont riches et la présentation générale est drôlement plus joyeuse. L’aménagement est également intéressant, même si quelques espaces de rangement supplémentaires auraient été souhaitables. Autre bonne nouvelle, on intègre au Compass le système Uconnect avec écran tactile de 7 pouces, ou de 8,4 pouces. Voilà un système d’infordivertissement efficace, intuitif, et qui accueille désormais les applications AppleCarPlay et AndroidAuto.

Des gênes de Renegade
Pour différentes raisons, je ne suis pas un adepte du Renegade, à mon sens mal adapté au marché nord-américain. Imaginez ainsi ma déception en apprenant que le Compass reprendrait les éléments mécaniques et structuraux de ce denier. Bien sûr, on a légèrement modifié la plateforme pour en augmenter l’empattement, mais l’essentiel des éléments mécaniques et structuraux demeure.

Entendons-nous, le châssis du Renegade, et donc du Compass, n’est pas un problème. Ce dernier est solide, rigide, efficace. Jeep se vante d’ailleurs d’une utilisation à 65% d’acier à très haute résistance, plus léger. Maintenant, le moteur 2,4 litres MultiAir ne m’a jamais impressionné. Et puisqu’il s’agit pour l’heure du seul quatre cylindres atmosphérique exploité par Jeep, FCA n’avait d’autres choix que d’opter pour ce dernier.

Soyez avertis, les 180 chevaux annoncés semblent très optimistes. On a beau avoir amélioré le rendement de la boîte automatique à neuf rapports, les accélérations comme les reprises demeurent pénibles. Aurait-on chez Jeep le criant besoin d’un nouveau quatre cylindres? Oui. D’autant plus qu’en dépit des chiffres annoncés, il sera difficile de maintenir une moyenne de consommation sous la barre des 10 litres aux 100 km.

Maintenant, j’insiste pour revenir sur la boîte automatique ZF à neuf rapports qui, sans être extraordinaire, s’est beaucoup améliorée. Les passages de vitesse sont moins saccadés, plus fluides. Il n’y a en fait que le système arrêt-démarrage offert de série qui engendre des secousses lors du redémarrage du moteur, le délai étant considérable. Il faut aussi savoir que le Compass, en version Sport, est livré avec une boîte automatique à six rapports (sans doute parce qu’il en restait en inventaire…), laquelle est dans ce cas optionnelle si vous ne souhaitez pas passer manuellement les rapports. Car oui, la manuelle à six rapports est également offerte, uniquement sur les versions Sport et North, et autant avec le modèle à deux qu’à quatre roues motrices.

Solide et capable
Mettons de côté le manque de puissance et la sonorité un brin disgracieuse de la mécanique pour mettre en lumière le comportement du Compass qui lui, impressionne nettement plus. Franchement, tous les efforts effectués par les ingénieurs pour renforcer la suspension, le châssis, et pour resserrer les boulons, se font vivement sentir. Désormais, le Compass est un véhicule robuste et solide qui ne donne pas l’impression d’un assemblage bâclé. Les bruits de caisse sont inexistants, l’insonorisation est excellente et la stabilité sur route, surprenante. On peut lui reprocher une direction un peu mollasse, en cherchant un peu. Mais dans l’ensemble, le comportement est efficace. J’ajouterais aussi que la version Trailhawk, plus haute sur pattes et plus ferme, procure un agrément de conduite supérieur.

Au cours de l’essai, j’ai d’ailleurs pu effectuer un trajet extrêmement audacieux de conduite hors route, au cours duquel la version Trailhawk m’a réellement convaincu de ses capacités. Soyons clairs, aucun autre VUS comparable, hormis peut-être la Subaru Crosstrek, ne pourrait franchir de tels obstacles. Et encore.

Bien sûr, le Compass Trailhawk a droit à un mode « 4 Low » qui le rend plus efficace en situation extrême, mais les angles d’attaque et la répartition efficace du couple aux quatre roues font de lui un redoutable coureur des bois. Évidemment, les gens de Jeep sont conscients que seuls quelques rares acheteurs iront hors des sentiers battus avec le Compass. Or, la plupart des clients aiment savoir que leur véhicule est capable de telles prouesses, même s’ils ne l’exploiteront jamais à cet effet.

Le défi
Le Compass n’est pas parfait. Peut-être qu’une faible minorité d’acheteurs rebrousseront chemin après avoir été déçus de la puissance, lors de leur essai routier. Toutefois, la plupart y trouveront leur compte. Mais il faudra pour cela que le prix leur convienne. Et ça, ce n’est pas chose faite. Affichant un prix de départ de 24 900$ pour un modèle Sport 4x2, on peut évidemment s’attendre à ce que le prix moyen des transactions dépasse allègrement les 30 000 – 32 000$. Un prix qui se situe bien sûr très loin de celui de son devancier, et qui n’est pas nécessairement compétitif avec ceux de certains ténors du segment, surtout en considérant l’ajout de quelques options que vous pourriez juger nécessaires.

En terminant, il est clair que ce produit risque d’affecter les ventes du Renegade (dont la facture est à peine inférieure), ainsi que celle du Cherokee à moteur quatre cylindres. Parce qu’à choisir entre les trois, le Compass constitue sans doute la plus belle option. Maintenant, les gens de Jeep sont conscients de la situation et y réponde le plus simplement du monde, en mentionnant tout bonnement qu’en fin de compte, l’objectif est de vendre un véhicule au client, qu’importe le modèle ou la version.
 

Spécifications techniques

Marque
Jeep
Modèle
Compass
Année
2017
Échelle de prix (excluant les options)
24 900$ à 34 895$
Moteur
4 cyl, 2,4 litres, SACT, 180 ch @ 6 400 tr/min, 175 lb-pi @ 3 900 tr/min
Transmission
Automatique à 9 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / 100 000 km

Points forts / points faibles

  • Style réussi
  • Qualité de construction en nette progression
  • Comportement routier surprenant
  • Capacités hors route incroyables (Trailhawk)
  • Capacité de remorquage de 2 000 livres
  • Prix beaucoup plus élevé
  • Puissance modeste
  • Habitabilité inférieure à la concurrence
  • Options nombreuses
 
 
 

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