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Essai éclair

par Antoine Joubert, le 21 décembre 2016

Volvo V60 Polestar 2017 : athlète suédoise Retour aux essais
 

Je suis de ceux qui affectionnent tout particulièrement les voitures familiales (pratiques, élégantes, agréables à conduire). Au Québec, et encore plus dans le reste de l’Amérique du Nord, ces gens se font rares. Suffit de zyeuter nos routes pour rapidement comprendre que les automobilistes les ont troquées depuis belle lurette pour des VUS, multisegments, multiactivités…appelez-les comme vous voulez ! Cela dit, pour cette poignée d’automobilistes amateurs de familiales, Volvo demeure une marque d’importance. D’abord parce qu’ils sont parmi les rares à toujours offrir une gamme de voitures de ce genre, mais aussi parce qu’ils cultivent l’art de bien les faire vieillir.

Évidemment, l’arrivée pour 2015 de l’édition V60 Polestar a fait jaser. Car pour la première fois depuis la disparition de la V70 R, Volvo tentait sa chance avec une familiale de performance. Il s’agissait aussi d’une première immersion dans ce segment depuis le rachat de Volvo par la chinoise Geely. Évidemment, l’objectif était de donner la réplique aux Allemands, qui dominent le marché de la voiture de performance de luxe, tant du côté des berlines que des familiales. Or, cette cuvée de la V60 Polestar n’était que provisoire, Volvo ayant déjà annoncé à ce moment son intention de retirer tous ses moteurs à cinq et six cylindres du marché dans un proche avenir. Alors voilà, pour 2017, c’est maintenant chose faite. Et cette fois, Volvo nous revient avec la plus performante des familiales jamais produites par le constructeur.

Familiale?
Comprenez d’abord un truc. L’acheteur de familiale ne se procure pas toujours ce type de voiture pour des besoins…familiaux ! Ce dernier souhaite souvent bénéficier d’une voiture plus pratique qu’une berline ou qu’un coupé, sans faire de compromis sur le comportement routier. Qui plus est, on lui préfère souvent son style plus homogène, ou plus original. Et dans le cas de la V60, j’affirme sans hésiter que le style est nettement mieux réussi que celui de sa déclinaison berline (la S60). Qu’il s’agisse de la version régulière, de la Cross Country ou de la Polestar, la V60 a fière allure. Maintenant, il est vrai que notre sujet se démarque particulièrement du lot. D’abord par sa couleur bleue unique, mais aussi par ses jantes, ses freins, ses pare-chocs et ses pots d’échappements qui dévoilent instantanément son sens athlétique.

Vous aimez vous faire discret? Alors vous pourrez troquer le bleu pour une teinte argentée, la seule autre offerte. Il s’agit d’ailleurs du seul choix que vous aurez à faire, puisque la V60 Polestar est offerte sans aucune option. Voilà un autre élément que la différencie de ses rivales germaniques.

À bord, vous apprécierez bien sûr le volume cargo, les sièges rabattables à plat et le séparateur repliable à la verticale qui permet de mieux fixer les objets à l’arrière. Mais par-dessus tout, vous serez séduits par les sièges. Spécialement sculptés pour ce modèle, très enveloppants, recouverts de cuir et d’Alcantara, et décorés de surpiqûres qui s’harmonisent avec l’écusson Polestar. Outre cet élément, Volvo se rabat vers des appliques de fibres de carbone et quelques empiècements d’Alcantara supplémentaires pour agrémenter la présentation intérieure. Rien de sorcier, ni de trop tape-à-l’œil. Cela permet toutefois de maquiller l’aspect un peu vieillot du design de la planche de bord, nettement moins à jour que celui des S90/V90 et XC90 récemment lancés. On déplore d’ailleurs la complexité du système d’infodivertissement qui aurait tout intérêt à être remplacé. Faudra-t-il attendre la prochaine génération? Sans doute.

Gare à vos points !
La mère de la sécurité automobile ne nous force pas ici à ralentir. Au contraire, la V60 Polestar incite plutôt à la délinquance au volant. En fait, ce n’est pas tant les 367 chevaux du moteur qui nous poussent à jouer les Paul Walker, plutôt que la façon dont la puissance est livrée. Il faut dire que ce nouveau moteur 2,0 litres, à la fois turbocompressé et suralimenté, livre toujours un couple généreux, en se montrant également incisif. Et ce damné délai de réaction à l’accélérateur que l’on retrouve même au volant d’une Audi RS7 n’a ici pas lieu d’être. Ici, la puissance est vive, franche, immédiate. Même la sonorité, quoique discrète, à ce je-ne-sais-quoi d’exotisme qui nous pousse à faire chanter la mécanique comme un soprano. Bref, gare à vos points.

On ne définit évidemment pas un athlète que par ses muscles, mais par sa capacité à les exploiter. Voilà pourquoi la V60 propose une boîte automatique à huit rapports avec mode sport qui permet de modifier les paramètres de passage des vitesses tout en laissant plus de latitude au conducteur qui voudrait s’amuser avec les palettes au volant. Le rouage intégral a pour sa part été confié à BorgWagner, qui propose un système axé sur la performance et qui peut redistribuer jusqu’à 65% du couple aux roues arrière.

Pour les besoins de la cause, la voiture accueille une suspension complètement distincte de celle des autres versions, avec ressorts renforcés et amortisseurs Ohlins. Résultat, on obtient un comportement très ferme et un confort que je qualifierais de « limite », dans la mesure où notre état des routes est pitoyable. Concrètement, le hic réside surtout dans le fait que la suspension ne soit réglable qu’à l’ancienne, c’est-à-dire de façon manuelle sur chaque tourelle d’amortisseur. Pas de bouton pour modifier la fermeté de l’amortissement, à la façon des modes sport, normal, confort.

Vous aurez donc compris que la majorité des acheteurs qui pourraient être attirés au premier coup d’œil par cette version rebrousseront chemin pour se diriger vers un modèle plus conventionnel comme la Cross Country. Pas de doute, la Polestar s’adresse aux puristes. Cela dit, sa conduite n’est aucunement pointue. La voiture est amusante, maniable et facile à conduire, permissive et oui, très performante. L’équilibre des masses est également plus intéressant qu’avec l’ancien modèle à moteur à six cylindres, et la nervosité de la mécanique donne l’impression d’un véhicule beaucoup plus léger.

On peut hélas déplorer la sensibilité de certains capteurs capables de vous détecter à répétition des objets non identifiés (!), conséquence de l’activation d’un violent témoin sonore et visuel, auquel on finit par s’habituer.

Retenez en terminant de cette voiture qu’elle possède une personnalité unique, qui ne se compare avec rien d’autre. À coup sûr, vous tomberez sous le charme des sièges, de la mécanique et de son comportement exceptionnel, mais vous apprécierez surtout l’expérience sensorielle qui s’y dégage. Ce n’est ni une Audi, ni une béhème. Et pour moi, un c’est un coup de cœur.
 

Spécifications techniques

Marque
Volvo
Modèle
V60
Année
2017
Version à l'essai
Drive-E Polestar
Échelle de prix (excluant les options)
69 000$
Prix de la version à l'essai
69 000$ + 2 015$ (transport et préparation) = 71 015$
Moteur
4 cyl, 2,0 litres turbo + suralimenté, DACT, 367 ch @ 6 000 tr/min, 347 lb-pi de 3 100 @ 5 100 tr/min
Transmission
Automatique à 8 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise constante
Garantie de base
4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
4 ans / 80 000 km
Consommation annoncée
Ville: 11,8 l aux 100 km Route: 8,5 l aux 100 km
Consommation enregistrée
11,1 l aux 100 km

Points forts / points faibles

  • Personnalité unique
  • Sièges extraordinaires
  • Performances impressionnantes
  • Sportive et pratique
  • Suspension non réglable (sauf manuellement)
  • Quelques signes de vieillesse à bord
  • Sécurité active parfois intrusive
  • Choix de couleurs
 
 
 

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