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Essai éclair

par Antoine Joubert, le 29 mars 2017

Volkswagen Passat 2017 :mariage multiculturel Retour aux essais
 

Avec nous depuis maintenant plus de cinq ans, la Passat made in USA a prouvé par sa popularité qu’elle rejoignait davantage les besoins des acheteurs nord-américains que l’originale, toujours offerte en Europe. Bien sûr, les puristes de la marque déplorent vigoureusement l’américanisation des modèles Volkswagen qui, à leurs yeux, dénature l’image de la marque. Or, Volkswagen n’a jamais vendu autant de véhicules en Amérique du Nord, et ce malgré toute la mauvaise presse causée par le scandale TDI.

Bien honnêtement, la refonte de la Passat en 2012 m’avait laissé sur mon appétit. Trop américaine, trop générique au niveau des lignes, elle me rappelait des berlines aussi fades que la Chevrolet Impala (de l’époque). Et encore aujourd’hui, difficile pour moi de craquer pour son design, trop effacé. Certes, la version Highline ornée de quelques éléments décoratifs supplémentaires affiche un peu plus de grâce, mais nous sommes ici loin de l’élégance des lignes de la Passat européenne, récemment renouvelée.

Le même commentaire s’applique pour l’habitacle, qui n’a rien de très joyeux sur le plan esthétique. Volkswagen a bien tenté de moderniser la présentation en optant pour des matériaux plus tendance, mais le poste de conduite demeure visuellement conservateur. Heureusement, l’équipement offert à bord est plus généreux que jamais. Volkswagen a d’ailleurs légèrement revu le catalogue des options pour 2017, éliminant notamment la version Execline pour en offrir davantage sur le modèle Highline. Cette dernière reçoit notamment un ordinateur de fonction plus élaboré, des palettes de changement de vitesse au volant ainsi que l’application AppleCarPlay/AndroidAuto, également offerte sur les autres versions.

En dépit d’une présentation quasi austère de la planche de bord, la Passat se veut extrêmement fonctionnelle sur le plan ergonomique. Bien sûr, on peut applaudir l’espace offert aux places arrière ainsi que le volume du coffre, mais la position de conduite y est aussi exceptionnelle. Siège confortable, ajustements nombreux, console centrale bien conçue et rangements généreux font partie des éléments qu’apprécieront tous ceux qui en prendront le volant.

Un V6 à adopter
On le sait, les moteurs v6 n’ont plus la cote. Plusieurs constructeurs ont tout simplement abandonné ce type de motorisation dans le segment, préférant miser sur des quatre cylindres parfois turbocompressés. C’est notamment le cas de Chevrolet, Ford, Hyundai et Kia, qui proposent tous des quatre cylindres turbocompressés de 2,0 litres visant à remplacer en quelque sorte l’absence d’un V6. Or, certains constructeurs comme Honda, Toyota et Volkswagen demeurent convaincus avec raison, de la pertinence de conserver ce type de mécanique au catalogue.

Qu’on se le dise, l’agrément d’un V6 ne peut être égalé par celui d’un quatre cylindres, surtout lorsqu’il est question d’une berline visant à offrir douceur et confort. Il ne s’agit pas ici que d’une question de puissance, mais aussi de rendement et de souplesse. De ce fait, Volkswagen propose toujours son moteur VR6 de 3,6 litres produisant 280 chevaux, lequel est jumelé à la boîte DSG à six rapports. Puissant, nerveux et offrant un couple hyper généreux, ce moteur contribue grandement au plaisir de conduire et au raffinement de la voiture.

Une routière
Confortable, maniable et solidement construite, la Passat se veut malgré son gabarit une voiture aussi pratique en ville que sur route. Évidemment, on apprécie davantage les longues balades autoroutières au cours desquelles le confort de cette berline est grandement exposé. D’ailleurs, le réglage des suspensions engendre curieusement un certain débattement du train avant, qui n’affecte toutefois pas la tenue de route ou la maniabilité de façon négative. Aurait-on trouvé chez Volkswagen la façon de plaire autant aux acheteurs de Buick que de BMW? Chose certaine, la Passat est stable, intéressante à conduire et plus dynamique que bien des rivales.

Les joies de l’hiver
Maintenant, cette berline n’est pas sans reproche au chapitre du comportement. L’effet de couple en accélération est parfois agaçant, même lorsque l’action est faite avec douceur, ce qui m’amène à croire qu’une version dotée du système 4Motion pourrait être appréciable. Hélas, rien n’est prévu à cet effet. J’ajouterais également que l’absence d’un bouton permettant de désactiver l’antipatinage est un réel handicap. Mise à l’essai lors de notre fameuse tempête de la mi-mars, la voiture bloquait constamment mes demandes sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. À un certain moment donné, la neige sur la route était si dense que j’avais peur de m’enliser, uniquement parce que la voiture pourtant bien chaussée, refusait de patiner. Volkswagen affirme pourtant que l’absence de cette fonction est compensée par un système soi-disant adaptatif au comportement du conducteur, mais il n’en est rien. D’ailleurs, le plus gros problème est survenu rendu chez moi, au moment de stationner la voiture dans le garage précédé d’une entrée légèrement incliné. À peine quelques centimètres de neige ont suffi pour m’empêcher de me garer dans le garage, la voiture refusant de patiner pour grimper la pente. Rien à faire alors que pourtant, ma camionnette personnelle effectuait quelques minutes plus tard le même exercice sans même que je n’aie à enclencher les quatre roues motrices (donc avec roues motrices arrière seulement…mais qui patinaient un peu !).

Bye bye TDI
Ce n’est un secret pour personne, la Passat n’est désormais plus livrable avec le moteur TDI. Apprécié pour son rendement comme pour son économie de carburant, ce dernier ne sera plus de retour. Volkswagen a récemment confirmé l’abandon de tout moteur quatre cylindres TDI en Amérique du Nord, laissant ainsi toute la place aux quatre cylindres à essence. Le moteur de série de 1,8 litre turbocompressé demeure donc l’option de choix pour la plupart des acheteurs qui souhaitent obtenir un bon rendement énergétique. Et la bonne nouvelle, c’est que vous ne consommerez sur route qu’à peine 1,5 litre aux 100 km de plus qu’avec le moteur TDI. Considérant que le coût d’acquisition du moteur est moindre et que les frais d’entretien sont plus de deux fois inférieurs, cette option s’avère tout compte fait très intéressante sur le plan financier. Quant à ceux qui oseront passer au moteur V6, sachez que la moyenne de consommation sur route se situera autour de 8,5 litres aux 100 km.

Conclusion
Voilà donc le genre de voiture un peu sous le radar, qui donne pratiquement envie de devenir voyageur de commerce. Une berline en apparence très sage, sans histoire, qui joue les Américaines avec un talent fou, mais qui conserve dans ses veines le sang germanique tant apprécié des conducteurs. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on nous l’offre à prix fort raisonnable.
 

Spécifications techniques

Marque
Volkswagen
Modèle
Passat
Année
2017
Version à l'essai
Highline
Échelle de prix (excluant les options)
25 745$ à 37 745$
Prix de la version à l'essai
39 095$ + 1 600$ (transport et préparation)
Options sélectionnées
Driver Assistance Package (1 350$)
Moteur
V6, 3,6 l, DACT, 24 soupapes, 280 ch @ 6 200 tr-min, 258 lb-pi @ 2 500 tr-min
Transmission
Automatique (séquentielle à double embrayage) à 6 rapports
Rouage d'entraînement
Roues motrices avant
Garantie de base
4 ans / 80 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée
Ville: 11,9 l aux 100 km Route: 8,5 l aux 100 km
Consommation enregistrée
9,6 l aux 100 km

Points forts / points faibles

  • Grande routière
  • Moteur VR6 agréable et puissant
  • Espace intérieur généreux
  • Qualité de fabrication
  • Ligne générique
  • Impossible de désactiver l'antipatinage
  • Effet de couple agaçant en accélération
  • Traction intégrale non offerte
 
 
 

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