POUR PLUS DE VIDÉOS, VISITEZ

Essai éclair

par Daniel Rufiange, le 9 mai 2017, Nashville, Tennessee

Nissan Qashqai 2017 : un pari gagné d’avance Retour aux essais
 

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nos routes pullulent de VUS et de camionnettes. En fait, d'ici peu, ces derniers représenteront plus de la moitié du parc automobile alors que déjà, ils comptent pour plus d'une vente sur deux au pays.

Les constructeurs, grands initiateurs de cette tendance, surfent sur cette vague. Cette dernière, on ne vous apprend rien, favorise actuellement les produits de taille sous-compacte.

Concrètement, c'est ce segment qui connaît la plus forte croissance à l'heure actuelle.

À tel point que si j'étais une voiture compacte, je m'inquiéterais pour mon avenir.

Tout ça pour vous dire ceci : Nissan a sorti sa planche de surf pour attraper la vague avec un produit éprouvé de son portfolio, le Qashqai.

Le pont
À première vue, on a l’impression de regarder un Rogue en zieutant le Qashqai. C'est compréhensible, surtout en raison de la signature V-Motion de Nissan, dont la présence est très forte au niveau de la grille. Or, voilà une des seules vraies similitudes entre les deux produits, hormis quelques éléments ici et là, notamment au niveau de la planche de bord.

Le Qashqai est plus petit que le Rogue, tant en hauteur qu'en longueur (98 mm et 250 mm). À bord, l’espace est davantage compté pour les passagers arrière, mais une fois les sièges de la deuxième rangée rabaissés, vous obtenez pratiquement le même volume de chargement qu’à bord du Rogue.

Le Qashqai vient bien sûr se positionner sous ce dernier dans la gamme, mais également au-dessus du Juke, l'autre représentant de Nissan dans la catégorie des VUS sous-compacts.

Si le geste est compréhensible compte tenu de la popularité du segment, il met aussi en lumière la dure réalité que s'apprête à vivre un autre segment de l'industrie ; celui des voitures compactes.

J'y reviens.

Une gamme attrayante
La présence d'une version de base à moins de 20 000 $ est un coup de génie sur le plan marketing. Cependant, on va s'entendre pour se dire que ce n'est pas cette version, servie en mode traction et avec une boîte de vitesse manuelle, qui va retenir l'attention de la majorité des acheteurs.

C'est donc ailleurs que ces derniers regarderont. Lorsqu'ils le feront, ils découvriront une gamme à la fois attrayante et complète. Cette dernière se résume ainsi : S (2RM et 4RM), SV (2RM et 4RM) et SL (4RM). Celle-ci peut recevoir un ensemble nommé Platinum.

L’offre va majoritairement intéresser les acheteurs à compter de la variante S AWD, proposée à partir de 24 198 $. Décemment équipée, elle offre un bon rapport qualité/prix.

Et c'est exactement ce genre d'offre qui va compromettre l'avenir de la voiture compacte, du moins à certaines enseignes. Pour quelques milliers de dollars de plus, on retrouve un véhicule plus pratique et doté de la traction intégrale. Un no brainer pour plusieurs.

D'ailleurs, Nissan n'identifie pas la concurrence du Qashqai uniquement dans le segment des VUS sous-compacts ; l'ennemi est aussi identifié par des produits comme la Volkswagen Golf, la Chevrolet Cruze et la Mazda3 à hayon.

L'émotion
Pour animer son « nouveau » VUS (le Qashqai existe depuis un peu plus de 10 ans en Europe et la génération actuelle date de 2014), Nissan a greffé sous le capot un 4-cylindres de 2 litres et 141 chevaux. Le moulin en question est celui qui avait été développé pour le marché russe. On se trouve donc avec un moteur moins puissant que ceux réservés au Rogue (170 chevaux) et au Juke (188 chevaux). En revanche, ça correspond à ce que la concurrence propose dans la catégorie.

Si le bloc peut être jumelé à une boîte manuelle dans la version de base à traction, il est victime d'un mariage forcé avec une transmission à variation ailleurs dans la gamme. Si Nissan a fait des progrès avec sa technologie au cours des dernières années, c'est malheureusement imperceptible pour nos oreilles lorsqu'on sollicite l'accélérateur. L'outil est bruyant en ces occasions et c'en est désagréable.

Et ces accélérations, elles sont timides, au mieux. On nous vend bien l'idée que le Qashqai est un véhicule urbain, mais ses propriétaires auront à accélérer en empruntant des bretelles d'autoroute. Là, disons que la planification est importante.

Du reste, on ne passe pas un mauvais moment au volant du Qashqai, mais l'émotion n'y est pas. Un véhicule neutre à la conduite tout aussi neutre.

Remarquez que le Rogue n'est pas plus excitant à conduire, soyons clairs. Le Juke, beaucoup plus dynamique, peut dormir sur ses deux oreilles.

Pour être honnête toutefois, on n'achète pas un Qashqai pour l'agrément de conduite. En ce sens, ce « défaut » ne lui fera pas trop mal.

Conclusion
J'ai eu l'occasion de conduire un Qashqai il y a près de trois ans lors d'un événement tenu à Nashville par Nissan où tous les véhicules du groupe avaient été réunis, y compris quelques pièces venues d'ailleurs. J'avais alors posé la question aux dirigeants quant à savoir le moment de l'arrivée du Qashqai.

« Il n'en est pas question pour l'instant », m'avait-on répondu.

Bien sûr...

Ce qui était évident, c'est que le constructeur testait déjà les eaux et étudiait sérieusement la possibilité de faire traverser l'Atlantique à son populaire VUS.

C'est maintenant fait alors que le segment des VUS sous-compacts est en plein essor. Voilà qui garantit, à moins d'un cataclysme, le succès du Qashqai.

La question sera plus de savoir ce qu'on réservera au sort de la Sentra, dont les ventes sont en recul depuis une dizaine d'années. Si une prochaine génération voit le jour, ça pourrait être la prochaine, nous a-t-on confié à mot couvert.

Les temps changent, comme on dit.

Spécifications techniques

Marque
Nissan
Modèle
Qashqai
Année
2017
Version à l'essai
SL AWD
Échelle de prix (excluant les options)
19 998 $ à 32 198 $
Moteur
4 cyl, 2 litres, DACT, 141 ch @ 6000 tr/min, 147 lb-pi @ 4400 tr/min
Transmission
Automatique à variation continue
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
3 ans / 60 000 km
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / 100 000 km
Consommation annoncée
Ville: 9,8 litres aux 100 km Route: 7,8 litres aux 100 km

Points forts / points faibles

  • Mine sympathique
  • Format pratique
  • Bon rapport qualité/prix
  • Caractéristiques de sécurité nombreuses en grimpant dans la gamme
  • Version de base à moins de 20 000 $
  • Espace arrière compté lorsque les sièges de la deuxième rangée sont relevés
  • Boîte CVT bruyante à l'accélération
  • Insonorisation plus faible passé les 80 km/h
  • Soutien latéral limité au niveau des sièges avant
  • Conduite un peu ennuyeuse
 
 
 

Sondage

 

Laquelle de ces sportives aimeriez-vous voir renaître?

Infolettre

 

Inscrivez-vous à l'infolettre pour recevoir des offres et des nouvelles.

Émissions RPM
Émissions RPM Plus