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Essai éclair

par Antoine Joubert, le 12 juillet 2017

McLaren 570GT 2017 : frénésie au Super C Retour aux essais
 

On m’a vu au volant de Rolls-Royce, Ferrari, Aston Martin et autres. Toutes des voitures que le journaliste automobile que je suis n’est évidemment pas en mesure de s’offrir. Il arrive donc des situations cocasses comme celle que j’ai vécue cette semaine, alors que j’étais allé économiser quelques sous à l’épicerie du coin, réputée pour ses bas prix et sa fraîcheur (dixit Guy Jodoin!).

En fait, à ma sortie de l’épicerie, une ruée des gens tournait autour de la McLaren 570GT, que j’avais le plaisir de mettre à l’essai cette journée-là. Inutile de vous dire qu’il m’a fallu 20 minutes avant de quitter l’endroit ! Il faut dire que les gens avaient beaucoup de questions à me poser sur la voiture. Des questions telles que : « McLaren, c’est une sorte de Ferrari? » ou encore « s’agit-il d’une voiture électrique » alors que la personne se trouvait à quelques centimètres des gros pots d’échappement et des petits grillages qui laissent entrevoir une partie du moteur. Je l’avais trouvé bien bonne celle-là ! Maintenant, la plupart étaient intrigués parce qu’il s’agissait de la première fois qu’ils apercevaient ce modèle. Et pour cause, aucun concessionnaire ne commercialisait jusqu’ici cette voiture au Québec, laquelle n’est offerte que depuis un an. La ligne, l’habitacle…et le son du moteur faisaient carrément « flipper » les quelques personnes se trouvant autour de la voiture. Et croyez-moi, ils n’étaient pas seuls à être excités !

Prise 2
À pareille date l’an dernier, McLaren me confiait un modèle 570S, à vocation encore plus sportive que la 570GT. J’en gardais un excellent souvenir, et ce même si j’avais eu droit à une amende salée en la photographiant dans un parc public, sans autorisation (!). Vous pouvez d’ailleurs voir ces images dans l’Annuel de l’Automobile 2017 !

Qu’importe, j’étais donc bien heureux cette année de revivre l’expérience McLaren, cette fois au volant d’une voiture que l’on dit plus conviviale, plus civilisée. Pour reprendre les mots des gens de la marque, on parle de la McLaren de tous les jours. Toute chose étant relative…bien sûr. Peinte d’un bleu (Pacific Blue) tirant sur le vert, je dois vous avouer qu’elle ne faisait pas l’unanimité. Néanmoins, tout le monde s’accordait sur la beauté des lignes, à mon avis encore plus gracieuses que celles de la 570S.

Il faut dire que la GT se démarque esthétiquement par plusieurs éléments. D’abord, par un pavillon vitré et une fenestration latérale bien distincte, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de la défunte Ferrari 360 Modena. Mais on la distingue également par sa grande lunette arrière à ouverture latérale, recouvrant une seconde soute à bagages à laquelle les 540C et 570S n’ont pas droit. Normal, puisqu’en lieu et place de cette soute se trouve sur ces versions un capot grillagé laissant entrevoir toute la mécanique du bolide. Or, avec la GT, on la joue plus discrète. Enfin…vous comprenez.

Ce n’est toutefois pas parce que la GT cache davantage sa mécanique qu’elle se fait pour autant moins performante que la 570S. On lui greffe en fait la même motorisation, soit un V8 biturbo de 3,8 litres, produisant 562 chevaux. Cette chantante mécanique est jumelée à une boîte séquentielle robotisée à sept rapports, qui achemine la puissance aux roues arrière. Plus lourde de 87 kilos comparativement à la 570S, cette exotique demeure malgré tout une bête de performance. Le 0-100 km/h en 3,3 secondes (tel que calculé lors de mes tests) et le 0-200 km/h…en moins de temps qu’il n’en faut à une Corolla pour atteindre 100 km/h, en font la preuve.

De la piste à la route
Afin de sauver quelques grammes, les ingénieurs ont conçu des disques de freins dont la partie centrale est faite d’aluminium. Les propriétaires de McLaren n’ayant pas choisi l’option des freins de carbone/céramique (6 900$) l’apprendront d’ailleurs à leurs dépens, en entendant les craquements métalliques causés par l’expansion de l’aluminium, inégale à celle de l’acier. C’est après avoir immobilisé la voiture que l’on perçoit ce bruit de tôle froissée un peu curieux, mais totalement normal. Évidemment, la conception à très forte densité de fibre de carbone, d’aluminium et de matériaux ultras légers, fait d’elle une voiture techniquement très poussée, et parfaitement adaptée à la piste. Or, l’objectif de McLaren avec la GT aura aussi été d’adapter cette voiture à une conduite « de tous les jours », ce qui explique la présence d’une suspension plus permissive et d’un comportement routier moins radical. En bon français, on pourrait dire que la voiture a été « détunée ». Il en résulte un confort surprenant, sans compter l’étonnante facilité avec laquelle elle se conduit.

Attention, cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’est pas capable de belles prouesses. Au contraire, la voiture propose tout de même une expérience sensorielle extraordinaire, grâce à cet heureux mariage de performances, de puissance et de maniabilité. Le tout, au ras du sol ! Puis, on obtient une conduite adaptative, avec différents modes, qui vous permettent d’obtenir un comportement adapté à votre humeur. Le mode « Track » vous permettra par exemple de dynamiser l’athlète, un peu comme lorsque Popeye avale ses épinards. La voiture devient plus ferme, plus nerveuse, plus incisive. Et le son de la mécanique? Complètement fou. En revanche, un Montréal-Québec effectué en mode « Normal » n’a eu aucun effet négatif sur mon physique. Bien sûr, la position de conduite diffère légèrement de celle d’un Cadillac Escalade (!), mais rares sont les exotiques capables d’offrir un tel degré de confort.

Vous craignez l’exercice de contorsion pour vous glisser à bord de la voiture? Soyez rassuré, le tout se fait très facilement. Le grand angle d’ouverture de la portière, façon Lamborghini, et le seuil de porte quasi inexistant facilite l’accès, même pour les gens en manque de souplesse. Puis, une fois installé, on constate la beauté de la finition, des cuirs, de l’habillage général. Le mariage des différents matériaux et noble et de bon goût. Les sièges sont également confortables et des plus enveloppants. Toutefois, la position des commandes électriques servant aux réglages des baquets est carrément déroutante. Un bon mot également sur le système IRIS développé par McLaren, faisant office de système d’infodivertissement. L’écran tactile est simple à utiliser, intuitif et graphiquement très efficace.

Solution aux dos-d’âne
Vous accrochez le museau de votre sportive chaque fois que vous amorcez l’entrée d’un stationnement? Chaque fois que vous franchissez un dos-d’âne, un rail de chemin de fer? McLaren a solutionné le problème en équipement ses voitures d’une fonction permettant de soulever temporairement l’avant afin d’éviter d’en détruire le becquet. Suffit d’engager un levier qui activera un mécanisme modifiant la garde au sol de façon temporaire, et qui se remettra en position dès que vous attendrez 60 km/h. Une solution pourtant si simple, mais que peu de constructeurs adoptent.

Vous dire en terminant le plaisir que j’ai eu au volant de cette voiture serait un euphémisme. Il s’agit pour moi d’une expérience unique, complètement différente de celle vécue au volant d’une Audi R8 ou d’une Lamborghini. Évidemment, la facture demeure pour moi l’obstacle le plus marquant, dépassant légèrement celle d’une Audi R8 V10+ ou d’une 911 Turbo S fardée d’options. Or, qui sait si à force d’économiser à l’épicerie du coin, je ne pourrai un jour me payer un tel jouet? Doigts croisés !
 

Spécifications techniques

Modèle
McLaren 570GT
Année
2017
Échelle de prix (excluant les options)
236 400$
Prix de la version à l'essai
251 290$ + 6 950$ (transport et préparation) = 258 240$
Options sélectionnées
Peinture (1 830$), Échappement sport (4 300$), Garnitures intérieures de luxe (2 180$), Garnitures de fibre de carbone (3 310$), Système audio Bowers and Wilkins (2 440$), Housse de voiture (600$), chargeur de batterie (230$)
Moteur
V8, 3,8 litres biturbo, 562 ch / 443 lb-pi de couple
Transmission
Automatique (séquentielle à double embrayage) à 7 rapports
Rouage d'entraînement
Roues motrices arrière
Garantie de base
3 ans / kilométrage illimité
Garantie du groupe motopropulseur
3 ans / kilométrage illimité

Points forts / points faibles

  • Performances incroyables
  • Ligne splendide
  • Confort et finition surprenant
  • Concession montréalaise enfin arrivée
  • Prix + options
  • Forte dépréciation à prévoir
  • Fiabilité à prouver
 
 
 

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