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Essai éclair

par Antoine Joubert, le 19 mars 2017

Mazda CX-5 2017 : quand les ingénieurs écoutent Retour aux essais
 

Pour un constructeur, il est difficile de se démarquer dans un segment hyper populaire où la compétition est aussi féroce que prudente. Plusieurs constructeurs jouent en effet une carte très conservatrice dans ce segment, afin de ne pas choquer ou déplaire à une certaine clientèle. Et même si à première vue, cette approche est un peu ennuyeuse, la plupart obtiennent un immense succès.

De son côté, Mazda a choisi avec le CX-5 de faire les choses différemment. Appelé à remplacer en 2013 le défunt Mazda Tribute, il a tout de suite séduit par sa ligne charmante et son dynamisme d’ensemble. Mais voilà, près de cinq ans se sont écoulés depuis son arrivée et Mazda se devait après ce temps de répondre aux critiques des consommateurs. Puis, il fallait également offrir un produit différent aux nombreux propriétaires du modèle actuel souhaitant le remplacer. Chose dite, chose faite.

Curieusement, la stratégie de Mazda pour le nouveau CX-5, qui arrivera d’ici peu en concession, est d’offrir un nouveau modèle millésimé 2017. D’ordinaire, à cette période de l’année, on nous arriverait avec un modèle 2018. Or, Mazda en a cette fois décidé autrement, ce qui pourrait peut-être affecter négativement la valeur résiduelle du véhicule (notamment pour les paiements de location). Cela dit, de nombreuses améliorations ont été apportées au véhicule, à commencer par l’approche esthétique plus moderne. Entendons-nous, la ligne est extrêmement évolutive face au modèle précédent, mais le véhicule propose une approche esthétique plus moderne, notamment au niveau de la grille de calandre, de la ceinture de caisse et des feux, qui ne sont pas sans rappeler du CX-9. Un mot par contre sur les jantes qui, qu’importe la version, déçoivent sur le plan esthétique. Même les jantes de 19 pouces de la version GT nous laissent sur notre appétit. Un élément à revoir pour 2018?

Attention aux détails
Heureusement, les designers ont eu un coup de crayon plus heureux pour le poste de conduite. Non seulement la planche de bord se présente de façon plus noble et contemporaine, mais la qualité des matériaux est en nette progression, et ce partout à bord. Plastiques coussinés, surpiqûres, appliqués d’aluminium et boiseries créent un effet visuel réellement luxueux, auquel l’ancienne génération ne nous avait pas habitués. Il faut bien sûr pour cela opter pour une version GT, mais il n’en demeure pas moins que l’ensemble de la présentation est plus riche, qu’importe la version choisie.

J’attire également votre attention sur le fait qu’on propose une sellerie de cuir de couleur crème extrêmement élégante, qui amplifie l’effet luxueux de l’habitacle. Ce dernier s’avère sans doute plus salissant, mais ô combien plus élégant. Dommage hélas qu’une la sellerie rougeâtre similaire à celle du CX-9 Signature ne soit pas offerte…

Plus pratique?
Le CX-5 d’ancienne génération n’était pas le plus spacieux des VUS compacts. Sans que ça ne soit un handicap, il est clair que certains acheteurs lui avaient pour cette raison préféré le Rogue ou le CR-V. Il en sera hélas de même avec la nouvelle mouture, certes un peu plus généreuse au niveau des places arrière, mais tout de même moins logeable que certains de ses rivaux. Encore une fois, ne considérez pas cet élément comme un réel point faible, à moins que l’objectif ne soit de remplacer une fourgonnette. Sur le CX-5, Mazda a tout de même amélioré plusieurs éléments sur le plan ergonomique, notamment la position de conduite qui, pour moi, demeure exceptionnelle. L’accoudoir central demeure hélas mal positionné, mais le siège du conducteur est bien sculpté, très confortable, et toutes les commandes sont intuitives.

Parmi les éléments absents, mentionnons les sièges ventilés et le toit ouvrant panoramique, offerts chez certains compétiteurs, ainsi que l’application AppleCarPlay/AndroidAuto, que Mazda nous promet sous peu. Notez également l’absence de palettes de changement de vitesse derrière le volant, un élément qui aurait certainement pu être ajouté à la version GT. En contrepartie, Mazda se targue d’offrir pour la première fois un hayon motorisé, que la clientèle réclamait semble-t-il en grand nombre.

La carte cachée
Au moment d’écrire ces lignes, j’étais également à faire l’essai du nouveau Honda CR-V 2017. Un produit efficace, bien pensé, mais qui ne soulève aucunement la passion. Et voilà justement ce que le CX-5 peut faire. Vous offrir du plaisir au volant, ce que peu de VUS compacts sauront offrir. Mazda a notamment retravaillé les éléments de suspension pour un meilleur confort et une meilleure stabilité en virage, ce qui vient renforcer l’effet du système G-Vectoring, ajouté à la cuvée 2017. Ce dispositif développé par Mazda permet essentiellement de diminuer le couple du moteur à l’amorce d’un virage. Travaillant de pair avec la direction, un système électronique se charge d’équilibrer le couple afin de mieux contrôler les forces G pour ainsi offrir une tenue de route plus linéaire, plus fluide, et conséquemment plus agréable pour les occupants du véhicule.

Les ingénieurs de Mazda ont également peaufiné certains éléments du moteur quatre cylindres de 2,5 litres, lequel ne gagne que 3 chevaux de puissance, proposant néanmoins en temps de réponse plus rapide et un couple plus généreux à moyen régime. Ne serait-ce que pour cet élément, l’agrément de conduite s’en voit bonifié. Mais il faut surtout applaudir Mazda d’avoir su améliorer grandement l’insonorisation du CX-5, un élément qui était souvent l’objet de critiques de la part des propriétaires du modèle antérieur.

Évidemment, la liste des améliorations acoustiques serait trop longue à énumérer, mais pensez notamment à l’ajout de matériel isolant sous chacun des panneaux de carrosserie, de doubles joints isolants au niveau des portières, de verre acoustique, de plaques isolantes de soubassement et même de moquettes plus épaisses, incluant celle du coffre. Tous ces éléments et bien d’autres améliorent grandement l’expérience à bord, mais aussi le niveau de raffinement du produit, qui n’a désormais plus rien à envier à certains modèles comparables ornés d’un logo plus prestigieux.

Pour quand la version Signature?
Cela m’amène d’ailleurs à m’interroger sur la stratégie adoptée par Mazda avec le CX-5, qui au sommet de la gamme, affiche un prix de 36 300$. Certes, la plupart des acheteurs n’iront pas jusque là pour mettre la main sur ce modèle, mais le plaisir de conduire et le niveau de raffinement du produit me laissent croire qu’une version Signature encore plus luxueuse pourrait être pertinente. À cette dernière pourrait également se greffer le moteur SKYACTIV-G 2.5 T emprunté au CX-9, lequel lui permettrait d’offrir une motorisation et une puissance comparables à ceux des Ford Escape 2,0 l EcoBoost, Kia Sportage SX, voire même des Audi Q5 et Mercedes-Benz GLC. Pour un constructeur comme Mazda qui cherche à se différencier et à gagner ses lettres de noblesse, voilà une solution qui serait selon moi intéressante. D’autant plus que la firme d’Hiroshima, contrairement à Honda, Hyundai, Nissan et Toyota, ne possède aucune marque de luxe.

Exclusivité canadienne
À l’opposé de l’inexistante version Signature (un jour peut-être…) se trouve ironiquement une exclusivité canadienne d’entrée de gamme. En effet, Mazda Canada a choisi de conserver au catalogue une version de base (GX) à roues motrices avant et moteur 2,0 litres de 155 chevaux, laquelle est livrée avec une boîte manuelle à six rapports. Mazda estime rejoindre 3% des acheteurs avec celle-ci, mentionnant également que 70% des CX-5 sont vendus au Canada avec la traction intégrale. Pourquoi conserver le moteur 2,0 litres alors que la manuelle aurait très bien pu se greffer au moteur 2,5 litres? Selon les dires de Mazda, il s’agit d’une stratégie visant à offrir un modèle compétitif à bas prix. Mais entre vous et moi, les 2,0 litres destinés au CX-5 devaient accumuler la poussière à l’usine, et Mazda a tout simplement trouvé une façon de les écouler…

Chose certaine, le nouveau CX-5 est réussi. Voilà un produit réellement convaincant, qui ne redéfinit pas le segment, mais qui se distingue avec brio dans la foulée des VUS compacts, tous trop semblables. Plus agréable à conduire, plus joli que la moyenne, et surtout nettement plus raffiné que par le passé. Conséquemment, il est clair que le CX-5 est appelé à devenir en 2017 le modèle Mazda le plus populaire de toute la gamme, surpassant même les ventes de la Mazda3. Bien sûr, les changements d’habitudes des consommateurs favorisant de plus en plus les multisegments jouent en sa faveur, mais il faut admettre que Mazda réussit tout de même un coup de maître avec un produit qui n’avait même pas pignon sur rue il y a cinq ans…

À lire également :
Mazda CX-3 2017 : le bel appât

 

 

Spécifications techniques

Marque
Mazda
Modèle
CX-5
Année
2017
Version à l'essai
GT AWD
Échelle de prix (excluant les options)
24 900$ à 36 300$
Prix de la version à l'essai
36 300$
Moteur
4 cyl, 2,5 litres, DACT, 187 ch @ 6 000 tr-min, 185 lb-pi @ 4 000 tr-min
Transmission
Automatique à 6 rapports
Rouage d'entraînement
Traction intégrale à prise temporaire
Garantie de base
3 ans / kilométrage illimité
Garantie du groupe motopropulseur
5 ans / kilométrage illimité
Consommation annoncée
Ville: 10,2 l aux 100 km Route: 8,3 l aux 100 km

Points forts / points faibles

  • Toujours très agréable à conduire
  • Insonorisation grandement améliorée
  • Finition nettement supérieure
  • Espace intérieur plus facilement exploitable
  • Moteur 2,0 litres + boîte manuelle inutile
  • Certaines options absentes
  • Accoudoir central mal conçu
  • À quand la version Signature?
 
 
 

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