POUR PLUS DE VIDÉOS, VISITEZ

Chroniques

par Benoit Charette, le 17 janvier 2016

Un pâle reflet des belles années Retour aux chroniques
 

Le Salon de l’auto de Détroit est le premier grand rendez-vous automobile de l’année et le plus vieux Salon de l’auto en Amérique. Il a débuté en 1899, un an avant le Salon de l’auto de New York dans la ville qui a vu naître l’industrie automobile aux États-Unis. Ce fut à une certaine époque, le Salon de tous les excès. Il y avait surenchère à savoir quel constructeur allait faire les plus grandes excentricités lors de la présentation d’un nouveau modèle. Nous avons eu droit à des vedettes hollywoodiennes pour présenter des nouveautés et même des spectacles à grand déploiement. Ce côté exotique qui donnait du piquant et transformait ce rendez-vous automobile en fête a presque disparu.

Nous sommes maintenant à l’époque de la simplicité volontaire qui est devenue le leitmotiv de tous les fabricants. Les présentations de nouveaux modèles sont plus sobres et certains constructeurs comme Mazda, Toyota ou Subaru avaient même décidé cette année de ne pas faire de présentations officielles aux médias. Il y avait de plus un sentiment de vide. Peut-être est-ce redevable au petit nombre de journalistes sur place en raison d’une météo difficile (l’aéroport de Détroit a été fermé en raison du verglas la veille de l’Ouverture su Salon) qui a empêché plusieurs journalistes de se rendre sur place pour la Salon. C’est peut-être aussi en raison des absents. Plusieurs marques de prestige avaient boudé Détroit cette année. Les Ferrari, Lamborghini. Maserati, Land Rover, Jaguar, Tesla, Lotus, et même Mini brillaient par leur absence. Un salon de l’auto sans exotisme, ça manque de saveur.

La simplicité volontaire se voit aussi dans les nouveaux modèles d’affaires des constructeurs. De manière unilatérale, tout le monde fait mieux avec moins tant pour les mécaniques que les matériaux. Pour chaque nouveau dévoilement, le discours est presque toujours le même. On nous annonce que la plus récente génération d’un tel modèle possède un moteur plus petit nourri par deux turbos. Les cotes de consommation sont meilleures et l’utilisation de matériaux plus légers a permis de soustraire 100, 200 ou 300 kilos.

Il n’y a pas que le Québec qui vit à l’air de l’austérité, l’automobile aussi. En quittant Detroit, j’ai réalisé que ce qui me manquait le plus de ce Salon c’est son brin de folie. On coupe maintenant les sous en quatre. Ce sont les comptables qui gèrent les compagnies automobiles et un comptable ça conduit une Toyota Camry beige automatique. En éliminant graduellement tous les éléments qui ajoutent un peu piquant à une recette, elle a fini par être fade. C’est ce qu’est devenu Détroit.

Il y a encore quelques belles surprises. Le concept Avista chez Buick, la LC 500 de Lexus, la Chrysler Pacifica. Mais sur les centaines de véhicules présentées, la moyenne au bâton est bien faible. Je m’ennuie des camions qui descendaient du plafond du Cobo Hall attaché par des câbles ou de Ray Charles qui était venu présenter le concept de la Ford Thunderbird. Cela n’a pas besoin de coûter une fortune, mais pour entretenir la flamme, ça prend de la passion des surprises, un peu de piquant. Le Salon de Détroit ressemble de plus en plus à du pain blanc tranché.

 
 
 
 

Sondage

 

Laquelle de ces sportives aimeriez-vous voir renaître?

Infolettre

 

Inscrivez-vous à l'infolettre pour recevoir des offres et des nouvelles.

Émissions RPM
Émissions RPM Plus