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Chroniques

par Vincent Aubé, le 23 février 2017

Renault 5 Turbo 2 1984 : le sentiment d'être impliqué Retour aux chroniques
 

Alors que l’hiver n’avait pas encore frappé à nos portes, quelque part au début du mois de novembre, une opportunité qui ne risque pas de se reproduire de sitôt atterrissait sur le coin de mon pupitre de scribe automobile. Quelqu’un quelque part me proposait d’essayer sa voiture : une Renault 5 Turbo 2 1984.

Pour les plus jeunes, sachez que la marque Renault a déjà eu pignon sur rue en Amérique du Nord, mais pour plusieurs raisons, le losange français a quitté notre territoire à la fin de la décennie 80. S’il est clair aujourd’hui que les modèles de l’époque n’ont pas marqué le public québécois – vous vous rappelez de la Renault Alliance, la Renault Encore, la Renault Fuego et la Renault Medallion n’est-ce pas? –, l’une d’entre elles fait encore jaser de nos jours : j’ai nommé la Renault 5. La citadine rappelle sans doute de bons souvenirs aux automobilistes qui ont pu la conduire à cause de son agilité dans la neige, notamment.

Mais revenons au sujet principal, si vous le voulez bien. La Renault 5 Turbo 2 1984 que vous apercevez en ce moment est la propriété de M. Christian Leroux, propriétaire de la concession Joliette Dodge Chrysler. Le principal intéressé est celui qui a importé la bombe française en 1984 et, depuis ce jour, il la bichonne, la conduit à l’occasion et refuse catégoriquement de la vendre malgré des offres alléchantes.

C’est cette icône des années 80 que j’ai pu conduire pendant près de deux heures l’automne dernier.

Un premier contact

À mon arrivée à côté de la bête, j’ai du mal à cacher mon excitation. Après tout, j’ai croisé une Renault 5 Turbo 2 une seule fois sur la route, il y a plusieurs années déjà. Inutile de vous dire que cette voiture élaborée pour le sport motorisé est un oiseau rare, un facteur qui explique les sommes dérisoires exigées de nos jours pour en faire son acquisition.

Aucun doute sur ses origines, il s’agit bel et bien d’une Renault 5, mais avec son faciès plus agressif, le capot ventilé, les autocollants T-U-R-B-O-2 sur les flancs, l’aileron de toit qui contourne le toit en entier et ces arches de roues arrière exagérément larges qui confirment la configuration moteur central / roues arrière motrices, tout a été pensé pour augmenter les performances.

Au volant
Aussitôt assis au poste de conducteur, je me rends compte assez rapidement que le volant n’a rien à voir avec ceux des bolides modernes. Très mince, celui de la R5 est plus incliné vers l’avant, son diamètre est assez important et il n’y aucune assistance dans la direction. L’assise est également assez haute pour une puce de cette taille, un détail qui me fait penser à la Fiat 500 actuelle. La bonne nouvelle, c’est que la position des pédales est adéquate, tout comme la hauteur du levier de la boîte de transmission manuelle à 5 rapports. Avec une mécanique logée juste derrière les occupants, vous aurez compris que le nombre de places est limité à deux.

Je tourne la clé et le petit 4-cylindres turbocompressé de 1,4-litre de cylindrée prend vie. Sans surprise, une odeur d’essence envahit la pièce, le tout accompagné d’un vrombissement unique. La sonorité de moteur est, à ma grande surprise, ni trop fort, ni trop discrète. Disons seulement que je m’habituerais à cette musique au quotidien!

Malgré le caractère bestial de la Renault 5 Turbo 2, l’embrayage est facile à moduler, tout comme le levier de vitesse qui s’avère précis pour une composante âgée de plus de trente ans. Dès la première accélération, la 5 dévoile son jeu : il s’agit d’une voiture tranquille à bas régime, mais une fois que le turbocompresseur entre en jeu (vers les 3500 tr/min), on peut presque sentir chacun des 140 chevaux-vapeur qui poussent fort derrière.


Grâce à ses voies élargies, la petite sportive rassure, et ce, même à une vitesse de 160 km/h. Toutefois, son architecture et l’empattement court m’obligent à redoubler de prudence lors des virages serrés pris à vive allure. Une légère pression sur la pédale des freins suffit à stabiliser la voiture pour donner du mordant aux roues avant, mais bon, je me garde une petite gêne. Il s’agit d’un item de collection après tout!

Après plusieurs kilomètres, j’avais apprivoisé cette voiture spéciale au point tel que je pourrais même la conduire au quotidien. Bien entendu, je n’oserais pas rouler sur nos routes avec une telle pièce de collection, même si ce n’est pas l’envie qui manque! Je dois toutefois me rendre à l’évidence : cette sportive unique est la preuve bien réelle que les voitures modernes sont supérieures à tous les niveaux à l’exception d’un détail bien important. Au volant de cette R5 Turbo 2 1984, j’ai eu l’impression d’être impliqué. De nos jours, avec toutes les technologies embarquées, ce sentiment a presque disparu… je dis bien presque!

 

 
 
 
 

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