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Chroniques

par Luc-Olivier Chamberland, le 28 juillet 2017

Formule E : à la découverte d’un nouveau monde Retour aux chroniques
 

Qu’on le veuille ou non, l’électrification des transports fait maintenant partie intégrante des mouvances de notre société. Les EV sont de plus en plus intéressants, de plus en plus pertinents. Le monde de la course automobile doit évidemment suivre cette tendance vers les nouvelles technologies. Avec cette notion bien ancrée, la naissance de la Formule E prend tout son sens. Existant depuis maintenant 3 ans, elle bat encore au rythme de ses premiers pas, mais la progression va à la vitesse grand V. Et pour la toute première fois, le Québec recevra l’évènement Hydro-Québec ePrix de Montréal cette fin de semaine, les 29 et 30 juillet 2017.

Pour me familiariser avec l’univers des ePrix, je suis allé à New York assister à la toute première course automobile de l’histoire dans la Grosse Pomme. Bien installé dans le Red Hook de Brooklyn, c’était l’occasion pour moi de découvrir les bolides, les pilotes et tout ce qui entoure ces festivités. Je dois admettre que mes attentes ont été comblées, la Formule E est un nouveau monde qui mérite notre attention.

Ce qui étonne le plus : la proximité. On peut aller visiter les paddocks et les écuries avec une facilité déconcertante. Il n’est pas rare de croiser un pilote dans la foule se déplaçant d’une place à l’autre. Avez-vous vu Lewis Hamilton faire une telle chose récemment? Les amateurs peuvent entrer en contact avec les vedettes émergentes, des occasions en or pour rencontrer ses idoles. Pour donner un coup de main populaire à son pilote chouchou, il existe le « Fan Boost » que l’on peut accorder via une application mobile, Facebook ou encore Twitter.

Bien que les voitures de Formule E ressemblent aux F1, elles diffèrent complètement. On favorise une certaine forme d’uniformisation entre les écuries. Toutes possèdent essentiellement la même carrosserie et surtout un système de piles identique. Dans les faits, on peut en parler comme une série monotype où les latitudes pour les constructeurs se limitent aux suspensions, aux roues et à quelques éléments. Il s’agit donc d’une guerre de pilotes. Fixe à ce jour, on sait que l’évolution arrivera au cours des prochaines années. On estime que d’ici 3 ans, les constructeurs n’auront pratiquement plus de restrictions et pourront conceptualiser leur propre voiture avec leurs spécifications et leurs technologies… exactement comme la F1! À ce jour, les FE frisent une vitesse de pointe de 225 km/h et ont une autonomie d’environ 25 minutes avant que l’on ne doive changer de voiture pour compléter la course. À ce titre, les pilotes n’ont droit qu’à 47 secondes pour passer d’un véhicule à l’autre.

Petite mise au point populaire!

Je tiens à m’entretenir avec les détracteurs de la Formule E, ceux qui la regardent de haut en soutenant que seule la F1 mérite que l’on s’y attarde. Comme toute chose dans la vie, le monde évolue et la course aussi. Ne voyez pas la FE comme une rivale à la F1, mais bien comme une toute autre forme de compétition automobile. On ne critique pas l’existence du NASCAR ou des 24 heures du Mans parce que c’est différent de la F1, alors pourquoi le faire avec la FE? À ce titre, en combinant la Formule E et la F1, Montréal s’élève en devenant l’une des trois villes dans le monde à tenir les deux épreuves aux côtés de Mexico City et de Monte-Carlo.

L’arrivée de la Formule E à Montréal fait couler beaucoup d’encre. On entend les commerçants de la métropole se plaindre à tout vent du dérangement, les automobilistes pester contre des restrictions routières supplémentaires et surtout des plaintes sur la dépense de 24 millions de dollars pour assurer sa tenue pour les années à venir. Tous les Québécois désirent que la métropole rayonne à l’international, mais lorsque vient le temps des concessions nécessaires, tout le monde chiale…

Les critiques se multiplient sur le fait que l’on possède déjà une piste de course automobile avec le circuit Gilles-Villeneuve. Pourquoi ne pas y faire la compétition? Ce n’est justement pas le but et la volonté de la Formule E. On veut rendre la course accessible à tous, dans un environnement urbain où les bolides n’émettent pas de bruit (ou presque pas). De cette manière, les habitants de St-Lambert, sur la Rive-Sud, n’auront pas une autre occasion de se plaindre de la pollution auditive durant les festivités du Grand Prix.

Il faut savoir que l’approche de la Formule E se veut complètement différente de la F1. La F1 est devenue un monde élitiste, le grand public y a de moins en moins sa place. On est aux antipodes avec la Formule E. Premièrement, l’accès urbain y est beaucoup plus facile. Le métro et les transports en commun seront de mise. Deuxièmement, on vise une clientèle familiale, notamment avec l’espace Allianz qui met en lumière une collection de nouvelles technologies à expérimenter, à découvrir et à connaître. Les enfants y seront aussi heureux avec des jeux gonflables pendant l’attente des courses. La question budgétaire : inutile d’hypothéquer sa maison pour le weekend, les prix sont abordables.

Je pense fermement que la Formule E représente une excellente chose pour Montréal, le Québec et le Canada. Évidemment, il est trop tôt pour saisir l’ampleur des retombées économiques, mais il y a de bonnes chances pour que l’ensemble de la société y trouve son compte. Montréal se distingue de toutes les autres courses puisque c’est chez nous qu’est la destination finale de la saison, le couronnement du vainqueur où tous les médias du sport automobile seront présents.

 
 
 
 

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